Économie
Nouvelle-Calédonie un vote décisif dans le calme pour des élections qui peuvent tout rebattre
Les électeurs calédoniens se sont rendus aux urnes ce dimanche pour choisir leurs assemblées provinciales, un scrutin sous haute surveillance après les…


Les électeurs calédoniens se sont rendus aux urnes ce dimanche pour choisir leurs assemblées provinciales, un scrutin sous haute surveillance après les violences de 2024. La participation était de 54,42% à 17h00 locales, et l’ambiance est restée sereine.
Dans les bureaux de vote de Nouméa, peu de files d’attente et une atmosphère paisible. Environ 192 500 électeurs étaient appelés à renouveler les trois provinces, dont la province Sud qui concentre les trois quarts de la population et l’essentiel de l’économie. Pour encadrer le vote, 2 400 membres des forces de l’ordre ont été déployés jusqu’à la mi-juillet. Un dispositif massif, mais la journée s’est déroulée sans incident. Cédric Ixeco, un Kanak de 43 ans, explique venir voter parce que ses grands-parents se sont battus pour obtenir ce droit. Il espère voir les choses changer au quotidien. Barbara Meylan, 53 ans, venue voter par procuration, dit attendre une stabilisation du pays et un terrain d’entente. Pour elle, ce scrutin est primordial et l’attente est énorme.
Les enjeux politiques sont très lourds. Les loyalistes, menés par la présidente sortante Sonia Backès, espèrent décrocher pour la première fois une majorité absolue au congrès sans avoir besoin d’alliés. Une telle victoire serait qualifiée d’occasion unique et historique par le député Nicolas Metzdorf. Face à eux, les indépendantistes veulent empêcher ce grand chelem institutionnel et transformer le vote en sanction contre la politique menée depuis les émeutes de mai 2024, qui ont fait 14 morts et plus de deux milliards d’euros de dégâts. Le président du FLNKS, Christian Tein, a multiplié les appels à la mobilisation dans la population kanak, traditionnellement plus abstentionniste. Une troisième force, l’Éveil océanien, pourrait faire l’arbitre. Ce parti représente la communauté wallisienne et futunienne et revendique une position neutre, ni indépendantiste ni loyaliste, ce qui pourrait attirer les voix centristes.
Le corps électoral a été modifié au printemps par une loi organique intégrant 10 575 natifs jusque-là exclus. Il passe ainsi de 169 000 inscrits en 2019 à environ 192 500. C’est précisément une tentative d’élargir cet électorat à des résidents plus récents qui avait déclenché les émeutes meurtrières. Mais le camp indépendantiste aborde ce scrutin fracturé. L’accord de Bougival, conclu en juillet 2025 avec l’État, prévoyait un État de Nouvelle-Calédonie dans la Constitution mais n’a jamais été mis en œuvre. Enterré depuis, il a laissé des traces : l’Union nationale pour l’indépendance a quitté le FLNKS. Cette division persiste même en province Nord, fief indépendantiste où trois listes se présentent. Ce vote sert de test avant la reprise des négociations institutionnelles promise par le Premier ministre Sébastien Lecornu dès juillet, avec un objectif d’accord pour la fin de l’année. Mais les positions restent éloignées : le FLNKS réclame un nouveau cycle de discussions quand une partie des loyalistes estime que les principaux compromis ont déjà été trouvés.
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