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Chaleur extrême les pompes funèbres au bord de l’asphyxie

Après dix jours de canicule, les entreprises funéraires constatent une hausse brutale des décès à domicile. Les professionnels s’inquiètent d’une…

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Chaleur extrême les pompes funèbres au bord de l'asphyxie

Après dix jours de canicule, les entreprises funéraires constatent une hausse brutale des décès à domicile. Les professionnels s’inquiètent d’une saturation des chambres mortuaires et d’une surmortalité différée.

Les températures étouffantes ne mettent pas que les hôpitaux sous pression. Les pompes funèbres commencent elles aussi à saturer. En Île-de-France et dans plusieurs grandes villes, les chambres funéraires tournent à plein régime. Un dirigeant d’Aubervilliers rapporte que son établissement atteint 95 % d’occupation, contre 60 à 65 % habituellement. Les décès surviennent surtout chez des personnes âgées retrouvées seules à leur domicile. Un constat qui fait craindre une répétition du scénario de 2003, quand la canicule avait causé près de 15 000 morts.

Le phénomène dépasse largement la région parisienne. À Orléans, les professionnels du funéraire observent une augmentation de 20 à 30 % des décès. À Nantes, la préfecture a demandé aux pompes funèbres de se tenir prêtes au cas où la chambre mortuaire du CHU serait débordée. Dans certains quartiers de Paris et de Seine-Saint-Denis, des entreprises ont déjà ouvert des places supplémentaires ou cherchent des solutions dans d’autres établissements. Les chambres mortuaires disposent encore de quelques marges, mais la tension monte.

Les professionnels redoutent surtout l’onde de choc silencieuse. Les effets de la canicule ne s’arrêtent pas avec la baisse du mercure. Ils peuvent frapper plusieurs jours après. La ministre de la Santé a reconnu qu’une « très probable surmortalité » était à prévoir, sans pouvoir encore en mesurer l’ampleur. Les chiffres officiels ne seront connus qu’en fin d’année. Pour l’instant, les mesures exceptionnelles comme les camions réfrigérés ou les hangars aménagés lors de la canicule de 2003 ou du Covid ne sont pas envisagées. Mais si la chaleur persiste, la question risque de se poser très vite.

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