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Sur fond de canicule meurtrière, le gouvernement pris pour cible

Alors que le premier bilan fait état de près d’un millier de décès supplémentaires en une dizaine de jours, les oppositions dénoncent une gestion…

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Sur fond de canicule meurtrière, le gouvernement pris pour cible

Alors que le premier bilan fait état de près d’un millier de décès supplémentaires en une dizaine de jours, les oppositions dénoncent une gestion catastrophique. L’exécutif, lui, se défend d’avoir été pris de court et accuse ses détracteurs de faire de la politique sur le dos des morts.

La France sort à peine de onze jours d’une chaleur exceptionnelle. Et le premier bilan est glaçant. Depuis mercredi dernier, environ mille décès de plus que la normale ont été enregistrés. Un chiffre provisoire, préviennent les autorités sanitaires, qui devrait encore s’alourdir dans les prochains jours. Dans ce contexte, la pression politique monte d’un cran contre le gouvernement. Marine Tondelier, la cheffe des Écologistes, a exigé sur les réseaux sociaux une enquête transparente sur le rôle des responsables politiques. Selon elle, certains devront tirer les conséquences de ce lourd bilan. Même ton du côté de la députée insoumise Clémence Guetté, qui a qualifié la gestion de la canicule de catastrophe et d’impréparation gouvernementale.

Face à ces attaques, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a riposté dans la presse. Non, ce n’est pas un fiasco, a-t-il martelé. Nous étions préparés, contrairement à ce que racontent certains politiques. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a lui aussi dénoncé ceux qu’il appelle les inspecteurs des travaux finis. Pour prouver sa bonne foi, l’exécutif rappelle avoir multiplié les cellules de crise et activé le plus haut niveau de mobilisation sanitaire. L’objectif était clair ne pas répéter les erreurs de la canicule de 2003, qui avait fait 15 000 morts. Mais ses adversaires ne sont pas convaincus. Et chacun y va de sa proposition plan volets pour les écologistes, plan baignade pour Édouard Philippe, plan climatisation pour le Rassemblement national. Le député RN Laurent Jacobelli a même renvoyé la responsabilité des morts vers tous ceux qui ont refusé de climatiser les bâtiments publics, en visant le gouvernement actuel et les précédents.

L’ancienne Première ministre Élisabeth Borne a tenté de calmer le jeu, tout en envoyant une pique à son successeur. Elle a dénoncé la posture de ceux qui se désintéressent du sujet toute l’année et sortent un plan supposé tout régler au dernier moment. Mais elle a aussi estimé qu’après son départ de Matignon, la planification écologique n’a pas été portée avec la même énergie. En cause, la forte baisse des crédits du Fonds vert, passé de 2,5 milliards d’euros à 837 millions en deux ans. Une ineptie, a jugé Marine Tondelier, dénonçant la lâcheté de l’État face aux lobbies climaticides. Le candidat Édouard Philippe promet de doubler ce fonds et de le recentrer sur l’adaptation et la climatisation des lieux publics. De son côté, Emmanuel Macron a défendu le gros travail d’adaptation déjà réalisé sous ses mandats, tout en reconnaissant que la France faisait face à un pic sans équivalent dans son histoire.

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