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Keiko Fujimori enfin au sommet après trois échecs

La candidate de droite est sur le point de remporter la présidentielle péruvienne. Retour sur le parcours d’une femme qui a passé vingt ans à construire…

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Keiko Fujimori enfin au sommet après trois échecs

La candidate de droite est sur le point de remporter la présidentielle péruvienne. Retour sur le parcours d’une femme qui a passé vingt ans à construire son destin politique.

Keiko Fujimori a perdu trois fois. En 2011, en 2016, en 2021. Chaque fois, elle frôlait le but et chaque fois, la victoire lui échappait. Cette fois, les chiffres sont clairs. Même si les résultats officiels ne sont pas encore tombés, son avance est trop large pour être rattrapée. La droite péruvienne s’apprête à porter au pouvoir la fille de l’ancien homme fort du pays. Pour ses soutiens, c’est une revanche. Pour ses adversaires, un retour inquiétant.

Keiko n’a jamais connu la politique par hasard. Elle a grandi dans les coulisses du pouvoir. À 19 ans, elle devient Première dame du Pérou après le divorce de ses parents. Son père, Alberto Fujimori, dirige alors le pays d’une main de fer. Il mate les guérillas, stoppe l’hyperinflation, mais finit condamné pour corruption et crimes contre l’humanité. Keiko hérite de ce nom qui divise. Ses partisans voient en elle la promesse d’un retour à l’ordre. Ses détracteurs lui reprochent d’avoir bloqué les institutions. Depuis la chute de son père, le Pérou a connu huit présidents en dix ans. Une instabilité que ses opposants lui imputent en partie.

Cette campagne, elle l’a menée sans son père, décédé en 2024. « Il me manque », a-t-elle confié. Pour la première fois, elle a revendiqué ouvertement l’héritage sécuritaire du fujimorisme. Dans un pays frappé par la criminalité, elle a fait de l’ordre son mantra. « Avec la même détermination que mon père pour vaincre les guérillas, nous viendrons à bout des délinquants », a-t-elle lancé. Elle a aussi tenté d’adoucir son image. Longtemps perçue comme cassante et clivante, elle a passé plus d’un an en détention provisoire pour une affaire de blanchiment liée au scandale Odebrecht. Elle reconnaît aujourd’hui avoir été trop conflictuelle. Mère de deux filles, divorcée, elle se veut désormais plus résiliente que jamais. Ses proches la décrivent comme une battante. « Chaque coup ne l’a pas brisée, il l’a rendue plus forte », assure son colistier. Reste à savoir si cette force suffira à rassembler un pays profondément fracturé.

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