Économie
Le Bangladesh à l’épreuve de la pénurie de carburant


La paralysie du trafic maritime dans le golfe persique continue de peser lourdement sur l’approvisionnement énergétique du pays. À Dacca, obtenir du carburant relève désormais d’une attente interminable, avec des conséquences palpables sur l’activité économique et le quotidien des habitants.
Les stations-service de la capitale bangladaise sont le théâtre de scènes devenues habituelles. Des files de véhicules s’étirent sur plusieurs centaines de mètres, de jour comme de nuit, tandis que des usagers épuisés patientent pendant des heures, parfois pour repartir les mains vides. Un automobiliste a ainsi dû stationner sa voiture à partir de minuit pour ne pouvoir la ravitailler qu’aux premières lueurs du jour, avant de devoir immédiatement reprendre son service professionnel.
Cette situation perdure malgré les mesures de restriction mises en place par les autorités, qui ont instauré un rationnement et réduit les horaires d’ouverture de nombreux établissements. Le pays, qui importe la quasi-totalité de ses produits pétroliers depuis la région du Golfe, subit de plein fouet les perturbations persistantes du transport maritime dans le détroit d’Ormuz. Les annonces occasionnelles de livraisons ne semblent pas suffire à rétablir un flux normal vers les pompes.
Les déclarations officielles assurant de l’absence de crise et de réserves suffisantes sont accueillies avec scepticisme sur le terrain. Les gérants de stations-service affirment que les quantités allouées restent insuffisantes pour répondre à la demande. Cette pénurie affecte profondément l’ensemble de la société. Pour les parents, se rendre à l’école ou à un examen devient un défi logistique. Les professionnels de la mobilité, comme les conducteurs de moto-taxis, voient leurs revenus chuter drastiquement, contraints de consacrer une partie essentielle de leur journée à la recherche de carburant.
En parallèle, cette crise a fait émerger des services opportuns. Certaines entreprises proposent désormais, contre une modeste somme, d’envoyer un chauffeur effectuer le plein à la place du propriétaire du véhicule, lui épargnant ainsi de longues heures d’attente. Cette réalité contraste avec les assurances des responsables politiques et illustre les difficultés concrètes auxquelles la population doit faire face quotidiennement.





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