Économie
L’Amazonie face au défi hôtelier de la COP30


La tenue du sommet climatique à Belém provoque une flambée des tarifs d’hébergement et révèle les limites d’infrastructure de la région, au risque de compromettre la participation des délégations les plus modestes.
Un établissement modeste du centre historique de Belém s’est rebaptisé « Hôtel COP30 » en prévision de la conférence climatique de novembre. Cet ancien motel, reconverti après d’importants travaux, propose désormais quarante lits. Son gérant, Alcides Moura, reconnaît avoir initialement fixé des tarifs prohibitifs – jusqu’à 1 200 dollars la nuit – avant de les ajuster entre 200 et 350 dollars. Cette situation illustre les tensions sur le marché de l’hébergement dans la capitale du Para.
Le choix de Belém pour accueillir la COP30 répond à la volonté politique d’ancrer les discussions climatiques au cœur de l’Amazonie. Cependant, la ville ne dispose que d’une capacité hôtelière limitée face aux cinquante mille participants attendus. Cette pénurie a conduit à une envolée des prix, provoquant en juillet des demandes de relocalisation de la part de plusieurs délégations étrangères.
Les autorités locales ont constitué un groupe de travail pour réguler le marché et orienter les visiteurs. Le gouverneur Helder Barbalho assure que l’offre de lits sera suffisante tout en admettant la nécessité de lutter contre les abus. Près de soixante pour cent des délégués devraient être hébergés chez l’habitant, selon les estimations officielles.
Pour pallier le manque d’infrastructures, deux navires de croisière seront mobilisés afin d’offrir six mille couchages supplémentaires, malgré leur éloignement du centre de conventions. Parallèlement, plus de sept cents millions de dollars d’investissements publics ont été engagés pour moderniser la ville.
L’association hôtelière locale refuse toutefois d’imposer un plafonnement des tarifs, arguant que cette pratique n’existe pas ailleurs pour les grands événements internationaux. Les prix moyens sur les plateformes de location restent élevés, dépassant souvent cent dollars la nuit, seuil pourtant recommandé par l’ONU pour les pays les moins favorisés.
Cette situation inquiète les observateurs, qui craignent que les difficultés logistiques ne marginalisent les délégations les plus modestes et ne détournent l’attention des enjeux climatiques fondamentaux. La question de l’hébergement pourrait ainsi conditionner la représentativité et l’issue des négociations.





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