News
L’affaire Athanor, une plongée dans les méandres d’une officine criminelle
_**Le procès de vingt-deux individus, dont d’anciens militaires et policiers, met au jour les méthodes d’un réseau s’inspirant des services secrets pour des activités illégales, brouillant les frontières entre missions d’État et dérives privées.**_
Devant la cour d’assises spéciale de Paris, le récit de vies professionnelles a priori sans faute a précédé l’évocation d’un basculement dans des activités criminelles. L’affaire, qui implique un réseau aux ramifications complexes mêlant anciens membres de la franc-maçonnerie, du renseignement et de la sécurité, dessine un puzzle où se croisent manipulation, appétit financier et esprit de revanche.
L’officine, dont l’origine remonte à une loge maçonnique des Hauts-de-Seine, a systématiquement emprunté ses modes opératoires aux services de renseignement. Cette imitation a entretenu un flou persistant quant à la nature réelle des missions confiées à certains exécutants, notamment celles qualifiées de « contrats d’élimination ». Cette ambiguïté constitue un angle majeur pour la défense, dans un dossier où la matérialité des faits est souvent reconnue par les prévenus.
L’audience a ainsi entendu un ancien caporal de la DGSE, Carl Esnault, exprimer ses doutes quant au caractère officiel de l’opération qui l’a conduit devant la justice. Son arrestation en 2020, alors qu’il se trouvait près du domicime d’une femme visée, avait permis de dévoiler l’existence du réseau. La question du cloisonnement des rôles et de l’utilisation d’intermédiaires hante les débats. Les militaires impliqués, en poste sur un site stratégique, croyaient-ils agir pour le compte de l’État ?
Le profil de l’un d’eux, décrit comme mythomane, a jeté un doute supplémentaire. Plusieurs accusés, issus de la police ou de l’armée, étaient en reconversion dans le secteur privé de la sécurité au moment des faits. Le cas d’un policier et réserviste de la DGSE, expert en falsification de documents, est à cet égard emblématique. Sa société, alors en difficulté, avait formé des agents du site de Cercottes, où il avait rencontré l’un des militaires impliqués.
Les regards se sont souvent portés vers l’une des figures centrales du réseau, Daniel Beaulieu, ancien agent et franc-maçon à la retraite, aujourd’hui lourdement handicapé à la suite d’un geste autodestructeur en détention. Présenté comme le mentor des deux principaux accusés, il a évoqué lors de l’audience des problèmes de santé affectant ses capacités. Il a décrit son départ du renseignement comme un drame personnel, une ambivalence qui semble avoir marqué tous les aspects de son existence.
Son bras armé présumé, Sébastien Leroy, a pour sa part décrit avoir évolué pendant huit ans dans « un monde imaginaire », convaincu de réaliser des opérations clandestines pour les services de l’État. Frédéric Vaglio, chargé de la commercialisation des contrats illégaux, a quant à lui été poussé à franchir la ligne par des « fantasmes » suscités par ce même mentor. Cet ancien journaliste, devenu entrepreneur, se faisait parfois passer pour un agent auprès de sa clientèle aisée, proposant des solutions radicales à leurs problèmes.
Parmi les personnes mises en cause figure également une cheffe d’entreprise, Muriel Brun-Millet, qui a déclaré avoir agi sous l’emprise de Frédéric Vaglio en validant l’élimination d’un syndicaliste de sa société. Elle a confié avoir trouvé en détention un lieu où « se reposer ».
Les audiences doivent se poursuivre avec l’audition de plusieurs témoins, dont des agents de la DGSE, avant l’examen détaillé des faits prévu pour le début du mois de mai. Le procès est quant à lui programmé jusqu’au milieu du mois de juillet.
-
SportsEn Ligne 7 joursBordeaux sombre face à la réserve de Lorient et compromet son accession
-
Faits DiversEn Ligne 5 joursUn détenu soupçonné d’avoir commandité depuis sa cellule le cambriolage du domicile de Gianluigi Donnarumma
-
NewsEn Ligne 7 joursUn Airbus d’Air Corsica contraint à un atterrissage d’urgence à Orly
-
MondeEn Ligne 5 joursLe pape Léon XIV pris pour cible par Donald Trump après un appel à la paix
-
Faits DiversEn Ligne 2 joursLe Falcon 50 de l’affaire Air Cocaïne bientôt vendu aux enchères
-
NewsEn Ligne 3 joursUne pilote chevronnée périt dans un accident de planeur dans les Deux-Sèvres
-
SportsEn Ligne 6 joursLigue des champions : un arbitre controversé pour le choc Liverpool-PSG
-
PolitiqueEn Ligne 5 joursUn projet de loi controversé sur la rétention des étrangers dangereux de retour à l’Assemblée