Nous rejoindre sur les réseaux

News

La ripisylve, nouvelle alliée des vignobles bourguignons face au défi climatique

Article

le

Face à l’accélération des vendanges et aux épisodes de chaleur récurrents, le Château de Meursault mise sur la plantation d’une forêt riveraine pour réguler le microclimat de son vignoble et préserver l’équilibre de ses vins.

Au cœur de la Côte-d’Or, les vendanges débutent désormais courant août, un phénomène qui s’est généralisé depuis le début du siècle. La maturation accélérée du raisin, sous l’effet de températures plus élevées, impose une adaptation des pratiques viticoles. Stéphane Follin-Arbelet, directeur du domaine, observe ces évolutions avec pragmatisme. Il souligne la nécessité d’anticiper les effets du changement climatique sur le cycle de la vigne, notamment pour éviter une surconcentration en sucre qui déséquilibrerait les vins.

Pour répondre à ces défis, le château a mis en place un ensemble de mesures, allant de la sélection de porte-greffes adaptés à l’agriculture biologique. Mais l’initiative la plus remarquée reste la création d’une ripisylve le long d’un cours d’eau traversant le domaine. Quelque 3 000 arbres et arbustes y ont été plantés, formant un écosystème forestier à proximité immédiate des parcelles.

Selon les experts, une telle implantation influence favorablement le vignoble sur une distance pouvant atteindre une centaine de mètres. Les effets sont multiples. La biodiversité s’enrichit, avec une augmentation notable des populations d’oiseaux et d’insectes. Le sol bénéficie d’un réseau mycélien plus actif, améliorant la distribution des nutriments. Surtout, la température ambiante baisse significativement pendant les phases critiques de maturation du raisin.

Cette approche s’inscrit dans une tendance plus large de réintroduction d’îlots de biodiversité au sein des paysages viticoles. Plusieurs études européennes, dont le programme BioDiVine, ont démontré l’impact positif de tels aménagements sur la régulation thermique et la résilience agroécologique. À Meursault, les premiers résultats confirment une coexistence harmonieuse entre la vigne et son nouvel environnement boisé.

La stratégie adoptée par le domaine bourguignon illustre une évolution des mentalités dans la filière vitivinicole. Face à l’urgence climatique, les solutions fondées sur la nature gagnent en crédibilité auprès des professionnels. Planter des arbres ne relève plus d’une simple démarche esthétique, mais constitue un outil agronomique à part entière, capable d’atténuer les effets du réchauffement et de préserver la typicité des grands crus.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus