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La répression franchit les frontières, ciblant l’Asie du Sud-Est et l’Afrique

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Les régimes autoritaires intensifient la persécution de leurs citoyens exilés, selon un rapport qui identifie une concentration des pratiques coercitives dans deux régions du monde.

Le phénomène de répression transnationale, qui désigne l’extension des méthodes de contrôle étatique au-delà des frontières nationales, a connu une recrudescence notable l’année dernière. Une étude souligne que les actions visant des dissidents, des journalistes ou des militants en exil se sont particulièrement multipliées en Asie du Sud-Est et en Afrique de l’Est. Ces deux zones ont concentré plus de la moitié des incidents documentés à l’échelle mondiale.

Le rapport annuel d’une organisation non gouvernementale dédiée à la promotion de la démocratie établit que plusieurs gouvernements ont accru leur coopération pour traquer les opposants réfugiés à l’étranger. En Afrique de l’Est, des pays comme le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie auraient procédé à des arrestations et à des transferts croisés de ressortissants critiques. Ces manœuvres coïncident souvent avec des périodes de scrutin ou de tensions politiques intérieures.

En Asie du Sud-Est, des États sont accusés d’avoir cédé à des pressions extérieures, conduisant à la remise de réfugiés à des pays tiers. Des considérations économiques et diplomatiques expliqueraient en partie ces extraditions. L’étude relève que la difficulté croissante pour les dissidents de trouver asile loin de leur région d’origine les rend plus vulnérables. Beaucoup se retrouvent contraints de chercher refuge dans des pays voisins, où l’influence de leur gouvernement d’origine reste forte.

Les méthodes les plus fréquemment employées incluent les enlèvements, les arrestations arbitraires sur sol étranger et les expulsions illégales. Face à cette tendance, des appels sont lancés pour que les démocraties renforcent leurs cadres légaux afin de protéger les exilés et sanctionnent les responsables de ces pratiques. Les experts pointent du doigt le caractère souvent limité et temporaire des mesures prises par la communauté internationale, qui peinerait à dissuader durablement les régimes auteurs de ces exactions.

Cette forme de coercition est présentée comme une stratégie peu onéreuse pour les gouvernements autoritaires souhaitant étouffer toute contestation, où qu’elle se trouve. Elle soulève des questions fondamentales sur la capacité des systèmes d’asile internationaux à offrir une protection effective et sur les obligations des États d’accueil face à des pressions étrangères.

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