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La prolifération des chèvres menace l’équilibre fragile des Saintes


Dans l’archipel guadeloupéen, la présence incontrôlée de caprins ensauvagés compromet la survie d’espèces animales uniques et dégrade les écosystèmes. Un programme de régulation est en cours d’élaboration pour tenter d’inverser la tendance.
L’archipel des Saintes, joyau touristique de la Guadeloupe, fait face à un défi écologique majeur. La surpopulation de chèvres retournées à l’état sauvage exerce une pression croissante sur des habitats naturels déjà vulnérables. Ces animaux, autrefois élevés pour la consommation locale, errent désormais en liberté, leur nombre étant estimé à plusieurs centaines sur la seule île de Terre-de-Haut.
Leur impact sur la flore est particulièrement préoccupant. En broutant de manière intensive, elles favorisent la disparition des plantes indigènes au profit d’espèces exotiques envahissantes. Cette modification du couvert végétal entraîne une érosion des sols et dégrade les refuges essentiels à une faune reptilienne exceptionnelle. Plusieurs espèces endémiques, dont des couleuvres et des lézards uniques au monde, voient ainsi leur survie directement menacée.
Cette situation s’inscrit dans un contexte plus large de préservation de la biodiversité insulaire, reconnue comme particulièrement riche et fragile. Les îles concentrent une part significative de la diversité biologique mondiale, mais sont aussi le théâtre d’un nombre disproportionné d’extinctions, souvent liées à l’introduction d’espèces non natives.
Face à cet enjeu, les autorités explorent des solutions pour maîtriser les populations de caprins. L’objectif est de mettre en place une gestion durable, qui pourrait s’inspirer d’initiatives testées ailleurs dans la région. L’idée consiste à capturer les animaux, à les regrouper dans des zones dédiées, puis à les réintégrer dans un circuit de valorisation, sous réserve de contrôles sanitaires stricts.
Les élus locaux travaillent à l’élaboration d’un cadre réglementaire et urbanistique adapté, prévoyant notamment des espaces de pâturage clairement identifiés. Cette approche vise à concilier la nécessaire protection du patrimoine naturel avec la réalité socio-économique du territoire. La question se double d’une nouvelle préoccupation, avec l’apparition récente de troupeaux de moutons également en situation de divagation, soulignant l’urgence d’une action coordonnée.





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