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La presse française sonne l’alarme face à une crise qui s’accélère et une démocratie menacée

Syndicats et journalistes appellent à une journée de grève ce jeudi pour dénoncer la multiplication des plans sociaux et l’absence de réaction de l’État…

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La presse française sonne l’alarme face à une crise qui s’accélère et une démocratie menacée

Syndicats et journalistes appellent à une journée de grève ce jeudi pour dénoncer la multiplication des plans sociaux et l’absence de réaction de l’État, à un an de la présidentielle.

Derrière les kiosques qui se vident et les rédactions qui se réduisent, c’est toute une profession qui se sent prise en étau. La presse française encaisse depuis des années une double peine : moins de lecteurs prêts à payer pour l’information, et des revenus publicitaires qui filent vers les géants du numérique. Mais ces derniers mois, les annonces de suppressions de postes se sont enchaînées à un rythme inquiétant. Du côté des magazines, le groupe Prisma prévoit de supprimer près de 40 % de ses effectifs, soit 279 postes au total, dans des titres aussi connus que Capital, Geo ou Femme Actuelle. Dans la presse régionale, les syndicats redoutent aussi des coupes chez EBRA, qui édite neuf quotidiens comme L’Est Républicain ou Le Progrès, avec un comité social et économique prévu fin juin.

Ce qui frappe les organisations syndicales, c’est que la crise n’est plus seulement économique. Elise Descamps, secrétaire générale de la CFDT-Journalistes, résume le sentiment général : il s’agit désormais d’une menace démocratique. Moins de journalistes, c’est moins d’enquêtes, moins de vérification des faits, moins de diversité dans les informations. Et l’intelligence artificielle vient ajouter une couche d’inquiétude. Le groupe Infopro Digital a ainsi annoncé son intention de supprimer les 19 postes de journalistes secrétaires de rédaction, ceux qui relisent et corrigent les articles pour les remplacer par cinq chefs d’édition assistés par l’IA. Les syndicats réclament donc un encadrement strict de ces technologies, pour qu’elles ne servent pas d’alibi à la destruction d’emplois.

La mobilisation de ce jeudi doit se traduire par un cortège à Paris, jusqu’au ministère de la Culture, où les manifestants comptent interpeller l’État sur son manque de soutien. Car le constat est amer : les États généraux de l’information lancés par Emmanuel Macron en 2023 et 2024 n’ont débouché sur aucune loi concrète. « L’État nous a complètement abandonnés », lâche Emmanuel Vire, membre du bureau national du SNJ-CGT. À un an de l’élection présidentielle, les journalistes veulent rappeler que sans une presse solide et indépendante, c’est tout le débat public qui vacille.

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