Monde
La présidence contestée de Samia Suluhu Hassan en Tanzanie

L’accession au pouvoir de la dirigeante tanzanienne s’accompagne de violentes tensions politiques et d’allégations de répression, éclipsant les espoirs de transition démocratique nés après sa prise de fonctions.
L’investiture de la présidente sortante Samia Suluhu Hassan intervient dans un climat de forte contestation. Des manifestations organisées par l’opposition ont été sévèrement réprimées, avec des bilans humains très lourds selon les détracteurs du régime. La semaine dernière, des centaines de personnes auraient perdu la vie lors de ces mouvements de protestation, certaines sources diplomatiques évoquant même un nombre bien plus élevé.
La communauté internationale observe avec préoccupation la situation en Tanzanie. Le souverain pontife a exprimé sa solidarité avec les victimes des récents événements, tandis que plusieurs pays de la région se sont limités à reconnaître les résultats électoraux. Le principal parti d’opposition, exclu du processus électoral, dénonce une mascarade démocratique et des fraudes massives.
Le scrutin s’est déroulé dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu. Les autorités avaient déployé d’importants moyens pour maintenir l’ordre, tandis que les principaux candidats de l’opposition se voyaient soit emprisonnés, soit disqualifiés. Des organisations de défense des droits humains avaient préalablement alerté sur une série d’actes répressifs incluant arrestations arbitraires et disparitions forcées.
Le parcours politique de Samia Suluhu Hassan rend cette évolution d’autant plus significative. Première femme à accéder à la magistrature suprême en 2021 après le décès de John Magufuli, elle avait initialement incarné une ouverture relative, permettant à certains opposants de revenir d’exil. Son image de dirigeante mesurée semble aujourd’hui s’effacer devant celle d’une chef d’État déterminée à conserver le pouvoir.
Diplômée en développement économique, la présidente a gravi progressivement les échelons politiques depuis ses fonctions administratives à Zanzibar jusqu’aux portefeuilles ministériels nationaux. Son expérience au Programme alimentaire mondial et à la tête d’associations locales avait forgé sa réputation de gestionnaire compétente. Pourtant, son appel à l’unité nationale prononcé lors de son investiture peine à masquer les profondes divisions qui traversent désormais le pays.

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