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La mort de Lyhanna précipite un tournant dans la lutte contre les violences sexuelles

Face à des milliers de manifestants en colère, le Premier ministre réunit ce mardi un conseil restreint pour décider de nouvelles mesures. L’objectif est…

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La mort de Lyhanna précipite un tournant dans la lutte contre les violences sexuelles

Face à des milliers de manifestants en colère, le Premier ministre réunit ce mardi un conseil restreint pour décider de nouvelles mesures. L’objectif est de mieux protéger les enfants et de durcir la réponse judiciaire après le décès d’une fillette de 11 ans dans le Gers.

Le drame a eu lieu dans le Gers et il ébranle tout le pays. Lyhanna, 11 ans, est morte dans des circonstances qui suscitent l’effroi et une immense incompréhension. Son principal suspect, Jérôme B., avait déjà fait l’objet de plusieurs plaintes et signalements pour viols sur mineures. Certaines ont été classées sans suite. L’une d’elles, déposée en août 2025, n’a même pas été suivie d’enquêtes assez rapides. L’homme n’a jamais été entendu ni placé en garde à vue. Lundi soir, des rassemblements ont eu lieu devant plus de 160 tribunaux en France. À Paris, 1 700 personnes se sont rassemblées près du palais de justice de l’île de la Cité, et 1 200 autres place Vendôme. À Agen, là où l’enquête est menée, plus d’un millier de personnes, y compris des enfants, ont afflué. La colère monte, portée par des associations comme NousToutes, la Fondation des femmes ou Face à l’inceste.

Ce mardi matin, le gouvernement passe à l’action. Le Premier ministre reçoit à 11h30 à Matignon une poignée de ministres : l’Intérieur, la Justice, la Santé, l’Éducation nationale et l’Égalité. Dans un courrier rendu public lundi soir, le chef du gouvernement évoque plusieurs pistes concrètes pour éviter qu’un tel drame ne se reproduise. Il propose d’alourdir les sanctions en cas de viols commis en série, de modifier les règles sur les délais de prescription, d’informer les victimes tout au long de la procédure et d’obliger les magistrats à motiver leurs décisions de classement sans suite pour les crimes et délits sexuels. Ces mesures devront être intégrées dans un projet de loi sur la protection de l’enfance, déjà présenté au Conseil des ministres il y a dix jours. Le gouvernement veut le faire examiner au Parlement dès juillet. La porte-parole Maud Bregeon reconnaît que « tout ne se règle pas avec des projets de loi » mais partage « la tristesse et la colère des Français ».

Le garde des Sceaux Gérald Darmanin, auditionné ce mardi matin par les sénateurs, reste ferme. Il exclut toute démission et insiste sur un point central : « Il ne nous a manqué ni de moyens, ni de lois, il nous a manqué de prioriser les viols sur les mineurs. » Il a demandé aux procureurs généraux de reprendre l’intégralité des plaintes qui concernent les enfants, soit environ 70 000, d’ici au 14 juillet. Pendant ce temps, la campagne présidentielle s’empare du sujet. Les candidats potentiels se divisent sur les réponses à apporter, entre moyens alloués à la justice, responsabilité des magistrats et nouvelles lois. Sébastien Lecornu a assuré que les crédits pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles seraient préservés dans le budget 2027. Et une proposition de loi transpartisane portée par Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, sera soumise « dans les prochains jours » au Conseil d’État, même si Matignon précise que « ses dispositions n’auraient probablement pas pu éviter le drame de la petite Lyhanna ».

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