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La Malaisie veut devenir un géant des aimants de haute technologie

Un partenariat australo-coréen va construire une usine d’aimants en Malaisie. Une façon de réduire la domination chinoise sur les terres rares et de…

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La Malaisie veut devenir un géant des aimants de haute technologie

Un partenariat australo-coréen va construire une usine d’aimants en Malaisie. Une façon de réduire la domination chinoise sur les terres rares et de sécuriser l’approvisionnement pour l’automobile et l’éolien.

Le constructeur d’aimants va sortir de terre près de Kuantan, à 250 kilomètres de Kuala Lumpur. Le groupe australien Lynas et le sud-coréen JS Link unissent leurs forces pour fabriquer des aimants permanents à partir de néodyme, un métal des terres rares. L’investissement est de 35 millions de dollars. L’usine devrait produire 3 000 tonnes par an d’aimants destinés aux voitures électriques, aux éoliennes et à l’électronique. Les pièces finales partiront vers la Corée du Sud, la Malaisie et d’autres marchés clés. Le projet créera environ 400 emplois. L’accord court jusqu’en janvier 2038.

Pourquoi la Malaisie ? Le pays possède d’importants gisements de terres rares, estimés à plus de 274 000 tonnes. La société Lynas y exploite déjà la plus grande usine de traitement hors de Chine depuis 2012, avec environ 10 % du marché mondial. Pékin contrôle les 90 % restants. En construisant cette unité d’aimants, Lynas et JS Link veulent relier directement la matière première à la fabrication de produits finis, sans passer par la Chine. Ce n’est pas un cas isolé. Lundi, le français Carester a annoncé un projet d’usine de séparation des terres rares dans le nord de la Malaisie, en partenariat avec le malaisien Malaco Mining. L’objectif est de traiter 13 000 tonnes par an.

Mais la ruée vers les terres rares suscite des inquiétudes. Vingt ONG ont manifesté lundi devant le Parlement malaisien pour réclamer un contrôle plus strict de la chaîne d’approvisionnement. Leurs craintes sont doubles d’abord l’impact environnemental de l’extraction et du traitement de ces minerais, ensuite le risque que ces matériaux alimentent l’industrie de l’armement. La Malaisie est prise entre une opportunité économique et une pression citoyenne grandissante. L’équilibre est fragile pour ce pays qui veut s’imposer comme un acteur majeur des technologies vertes et de la souveraineté industrielle.

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