Planète
La France face à ses polluants, une carte interactive révèle l’état de l’eau du robinet

Deux organisations ont développé une plateforme permettant de visualiser la présence de substances chimiques dans l’eau potable, mettant en lumière des disparités territoriales significatives.
Un nouvel outil numérique offre désormais la possibilité aux citoyens de consulter la qualité de l’eau courante dans leur commune. Cette carte interactive, mise en ligne jeudi, recense les principaux contaminants chimiques détectés dans le réseau d’eau potable français. Les données proviennent des contrôles sanitaires réalisés par les autorités régionales de santé pour chaque unité de distribution.
Le site permet à chaque utilisateur de saisir son adresse et d’obtenir les résultats des dernières analyses effectuées sur différentes catégories de substances. Les informations couvrent notamment les PFAS, communément appelés polluants éternels, les pesticides et leurs métabolites, les nitrates et les perchlorates. Les organisations à l’origine du projet soulignent que cette initiative vise à faciliter l’accès du public à des données déjà existantes mais difficiles à consulter.
Les résultats font apparaître une situation contrastée selon les territoires. Le nord de la France présente notamment des cas de non-conformité plus fréquents, avec parfois des recommandations de non-consommation de l’eau. La très grande majorité de ces situations résulterait de la présence de métabolites de pesticides. Un dérivé particulier, le chloridazone desphényl, issu d’un herbicide utilisé jusqu’en 2020 dans la culture betteravière, serait responsable à lui seul de 86% des non-conformités liées aux pesticides.
Globalement, les organisations indiquent que plus de 87% des unités de distribution respectent la réglementation en vigueur sans dépassement des limites sanitaires. Ce chiffre nécessite toutefois d’être nuancé car il exclut certains métabolites classés comme non pertinents. Le suivi des PFAS apparaît particulièrement lacunaire, avec absence d’analyses dans plus de la moitié des unités de distribution, notamment en Occitanie et dans les départements d’outre-mer.
La plateforme, qui sera actualisée mensuellement, permet également de consulter l’historique des expositions depuis 2020, avec les pourcentages d’analyses non conformes enregistrées chaque année. Cette fonctionnalité devrait permettre d’identifier plus rapidement les nouvelles situations problématiques.

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