Monde
La droite chilienne renforce son assise parlementaire avant le second tour présidentiel

À la veille du scrutin décisif, la coalition conservatrice s’impose au Congrès, offrant un contexte favorable au candidat d’extrême droite José Antonio Kast, tandis que sa rivale de gauche tente de résister à cette dynamique.
Les élections législatives chiliennes ont consacré la domination des forces politiques de droite, qui obtiennent une majorité claire au sein des deux chambres du Parlement. Ce résultat intervient à quelques semaines du second tour de l’élection présidentielle, prévu le 14 décembre, et conforte la position de José Antonio Kast, candidat du Parti républicain. Face à cette poussée conservatrice, la candidate de la coalition de gauche au pouvoir, Jeannette Jara, se retrouve dans une posture défensive.
Arrivée en tête du premier tour avec 26,85 % des suffrages, contre 23,92 % pour son adversaire, Jeannette Jara a immédiatement cherché à reprendre l’initiative en dénonçant le « caractère autoritaire » et le « bilan législatif limité » de M. Kast. L’ancienne ministre du Travail, qui avait porté des réformes sociales sous l’actuelle administration, a également promis de garantir « à travail égal, salaire égal », espérant ainsi rallier l’électorat féminin qui avait contribué à la victoire du président sortant Gabriel Boric en 2021.
La campagne est largement dominée par les préoccupations sécuritaires, dans un pays où la criminalité a fortement progressé ces dernières années. José Antonio Kast mise sur un programme axé sur l’ordre public, incluant l’expulsion de centaines de milliers de migrants en situation irrégulière et la construction d’infrastructures de contrôle frontalier. De son côté, Jeannette Jara propose un renforcement des effectifs policiers et une levée du secret bancaire pour mieux lutter contre le financement du crime organisé.
Le basculement du Parlement vers la droite est significatif. Les formations conservatrices remportent 76 des 155 sièges à la Chambre des députés et disposeront de 25 sièges au Sénat à partir de mars prochain, contre respectivement 64 et 23 pour la gauche. Ce paysage politique reflète une recomposition des équilibres, marquée par un recul historique des forces progressistes, qui n’avaient jamais enregistré un score aussi faible depuis le retour de la démocratie.
Ce scrutin s’inscrit dans un contexte plus large de polarisation, où certains électeurs expriment davantage de craintes vis-à-vis de l’expérience communiste que de la montée de l’extrême droite. Pour d’autres observateurs, la progression des courants les plus conservateurs représente un tournant préoccupant dans un pays encore marqué par le souvenir de la dictature. Le second tour de décembre s’annonce donc comme une étape décisive pour l’avenir politique du Chili.

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