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La dette sert à acheter des baguettes, pas des missiles, et ça doit changer dit le patron de Bpifrance

Nicolas Dufourcq estime que la France finance ses retraites avec l’argent emprunté au lieu de réarmer le pays. Selon lui, il faut des choix radicaux dès…

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La dette sert à acheter des baguettes, pas des missiles, et ça doit changer dit le patron de Bpifrance

Nicolas Dufourcq estime que la France finance ses retraites avec l’argent emprunté au lieu de réarmer le pays. Selon lui, il faut des choix radicaux dès maintenant.

Le constat est direct et il dérange. Pour Nicolas Dufourcq, le patron de Bpifrance, la France utilise sa dette colossale à mauvais escient. Alors que le pays a dépassé les 3500 milliards d’euros d’emprunt, l’argent sert surtout à financer le quotidien des Français plutôt que leur protection militaire. « On utilise notre dette pour financer les retraites, pas notre réarmement », a-t-il lancé lors des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence. Une phrase qui résume un dilemme de plus en plus pressant face à la guerre en Ukraine.

Concrètement, dit-il, chaque euro mis dans le pouvoir d’achat et les dépenses sociales ne peut pas être fléché vers les missiles ou l’armement. Il prend un exemple parlant : ce qui va dans la baguette des Français ne part pas vers les obus qu’on pourrait livrer à Kiev. Résultat, selon lui, la France se retrouve derrière plusieurs pays européens en matière de soutien militaire à l’Ukraine, simplement parce que les marges de manœuvre budgétaires sont trop serrées. Il réclame donc une réforme des retraites et une réduction des dépenses sociales pour dégager des fonds.

Pourquoi c’est crucial maintenant parce que les besoins explosent. D’ici 2030, le budget défense devrait augmenter de 35 milliards d’euros. Mais sur cette somme, il faudra trouver 15 milliards d’investissements supplémentaires chaque année. Bpifrance, qui injecte déjà environ 1,5 milliard d’euros par an dans des PME du secteur, annonce qu’elle pourrait financer la moitié de cet effort. Reste à savoir si les Français sont prêts à voir leurs prestations sociales réduites pour que la France puisse mieux armer l’Ukraine et se réarmer elle-même.

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