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La destruction de New Glenn compromet les plans lunaires de la Nasa

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L’explosion spectaculaire de la fusée New Glenn lors d’un test au sol à Cap Canaveral constitue un revers majeur pour Blue Origin et la Nasa, qui comptait sur ce lanceur pour ses missions lunaires.

Jeudi soir, la fusée New Glenn, haute de près de cent mètres et la plus puissante jamais développée par Blue Origin, s’est embrasée sur la base de Cap Canaveral, en Floride, durant un essai de mise à feu. Aucun blessé n’a été signalé, mais l’incident a provoqué une onde de choc dans le secteur spatial. Le patron de la Nasa, Jared Isaacman, a reconnu la gravité de l’événement sur les réseaux sociaux, promettant une enquête approfondie.

Les images d’une immense boule de feu déchirant le ciel nocturne ont rapidement circulé, alimentant les inquiétudes. Si les anomalies lors des tests préalables aux lancements ne sont pas rares, une explosion de cette ampleur l’est davantage. Selon des clichés diffusés par des médias spécialisés vendredi, le pas de tir a été sérieusement endommagé. Or, ce site est le seul dont dispose actuellement Blue Origin pour lancer New Glenn, un engin au cœur de ses ambitions et du programme lunaire Artémis de la Nasa.

Ce revers menace directement le calendrier de l’agence spatiale américaine, qui mise sur cette fusée pour mener ses alunissages. Blue Origin avait récemment obtenu des contrats pour développer un alunisseur, face aux lenteurs de SpaceX. Mais sans New Glenn, ces projets risquent de prendre du retard. Un expert du Centre d’études stratégiques et internationales, cité dans la presse, estime que la reconstruction de la rampe de lancement prendra du temps et s’interroge sur l’impact pour le programme lunaire.

L’accident survient aussi après un premier échec en avril, lorsqu’un vol commercial avait causé la perte d’un satellite de communication. Cette nouvelle déconvenue pourrait affecter un autre projet de Jeff Bezos, la mégaconstellation Amazon Leo, qui dépendait en partie de New Glenn pour le déploiement de ses satellites. Dix ans plus tôt, une explosion similaire d’une fusée Falcon 9 de SpaceX avait déjà secoué la base de Cap Canaveral, détruisant un satellite et endommageant son pas de tir.

Blue Origin, traditionnellement perçue comme plus prudente que SpaceX, n’a pas fourni de détails supplémentaires sur l’incident, les dégâts ou l’enquête en cours. La Nasa devra désormais décider si elle attend que l’entreprise se relève ou si elle privilégie d’autres solutions pour ses missions lunaires. L’objectif de renvoyer des humains sur la Lune d’ici 2028 reste pour l’heure compromis.

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