Monde
La défense de Bolsonaro réclame l’assignation à domicile pour purger sa peine de 27 ans

L’ancien président brésilien, condamné pour tentative de coup d’État, invoque son état de santé pour éviter l’incarcération en établissement pénitentiaire.
Les avocats de l’ancien chef de l’État brésilien Jair Bolsonaro ont sollicité auprès de la justice l’autorisation d’effectuer sa peine de vingt-sept années de détention à son domicile. Cette demande, présentée vendredi, s’appuie sur des arguments médicaux, évoquant un état de santé jugé particulièrement fragile. L’intéressé, âgé de soixante-dix ans, est actuellement en résidence surveillée depuis le mois d’août et redoute une incarcération imminente.
Condamné en septembre pour avoir dirigé une organisation criminelle visant à se maintenir illégalement au pouvoir après la défaite électorale face à Luiz Inacio Lula da Silva, l’ancien dirigeant d’extrême droite a vu son recours rejeté la semaine dernière par la Cour suprême. Son équipe juridique prépare toutefois de nouvelles voies de contestation tout en plaidant pour une mesure de clémence.
Dans sa requête, la défense affirme que son client présente un état de santé « profondément dégradé », rendant tout emprisonnement classique périlleux pour sa survie. Elle estime que seule une détention à domicile permettrait de préserver sa dignité et son intégrité physique. L’ancien président souffre en effet des séquelles d’une agression au couteau survenue en 2018, nécessitant de multiples interventions chirurgicales, ainsi que d’un cancer cutané diagnostiqué récemment. Des crises de hoquet récurrentes et plusieurs hospitalisations depuis le début de son assignation à résidence sont également signalées.
Ses conseils rappellent que l’ancien président Fernando Collor de Mello avait précédemment obtenu, pour des raisons sanitaires, de purger sa peine de huit ans de prison chez lui. Un élu de droite s’est récemment exprimé devant la presse pour dénoncer ce qu’il perçoit comme une volonté de mettre en danger la vie de l’ancien chef de l’État, tout en saluant sa force mentale.
Par ailleurs, l’affaire Bolsonaro a durablement affecté les relations entre le Brésil et les États-Unis, où l’ancien président compte des soutiens, dont l’ex-président Donald Trump. Washington avait instauré des surtaxes douanières sur certains produits brésiliens, dénonçant une persécution politique, et pris des sanctions individuelles visant notamment le juge Alexandre de Moraes. Cependant, une normalisation semble s’amorcer, marquée par une rencontre entre Lula et Trump fin octobre et la levée annoncée de droits de douane sur plusieurs denrées agricoles brésiliennes.

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