Économie
La canicule pèse lourdement sur les comptes des nations européennes


Les épisodes de chaleur extrême, comme celui qui touche actuellement le continent, constituent une menace économique structurelle majeure pour l’Europe. Une récente analyse d’Allianz Trade estime que la croissance des pays les plus vulnérables pourrait être réduite de 5 à 7 % d’ici 2030.
Le réchauffement climatique, en multipliant les phénomènes météorologiques violents, fragilise les économies européennes. Selon une étude publiée par la filiale d’Allianz spécialisée dans l’assurance-crédit, les vagues de chaleur représentent un risque économique durable, auquel le Vieux Continent est particulièrement exposé. En se fondant sur la répétition des cinq années les plus chaudes enregistrées entre 2014 et 2024, les chercheurs évaluent les pertes cumulées de croissance à 240 milliards de dollars pour la France, 147 milliards pour l’Italie, 131 milliards pour l’Allemagne et 120 milliards pour l’Espagne.
Ces projections reposent sur un constat clair : la productivité chute nettement au-delà d’un seuil de température critique, estimé à environ 30 degrés Celsius. Au-delà de ce point, chaque degré supplémentaire réduit la production horaire d’environ 1,3 dollar, soit près de 3 % de la valeur moyenne observée sur la dernière décennie. Les chercheurs notent que la part des heures de travail perdues sous l’effet du stress thermique pourrait passer de 1,4 % en 1995 à 2,2 % en 2030, en l’absence de mesures d’adaptation efficaces.
Cette baisse de rendement pèse directement sur la rentabilité des entreprises, qui doivent en outre faire face à une hausse de leurs coûts énergétiques, évaluée à 1,2 % par degré supplémentaire. À terme, la consommation des ménages, les revenus et les investissements s’en trouvent affectés, créant un scénario potentiellement stagflationniste, caractérisé par une hausse simultanée des prix et du chômage.
Les finances publiques ne sont pas épargnées. L’étude d’Allianz Trade estime que les recettes fiscales pourraient diminuer jusqu’à 1,8 % en France. Parallèlement, les dépenses de l’État augmentent sous l’effet des indexations sur l’inflation, des coûts de santé supplémentaires et des travaux d’urgence sur les infrastructures. En moyenne, la détérioration des soldes budgétaires atteindrait environ 0,5 % du produit intérieur brut. Pour la France, le déficit public pourrait ainsi se creuser de 2,2 points de PIB supplémentaires.





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