Monde
La Berlinale 2026, un festival recentré sur l’essence du cinéma


_**La 76e édition du festival international du film de Berlin s’ouvre sur une sélection volontairement moins clinquante, privilégiant la profondeur des récits à l’éclat des stars. Une orientation assumée par son jury, présidé cette année par le cinéaste allemand Wim Wenders.**_
Le rendez-vous cinématographique berlinois débute dans un climat international marqué par de multiples tensions. Face à ce contexte, la programmation de cette édition semble vouloir offrir un espace de réflexion. Le président du jury, Wim Wenders, a lui-même qualifié la sélection de moins internationale et moins glamour, mais dotée d’une plus grande densité de contenu. Le vétéran du cinéma allemand a rappelé le pouvoir des films à influencer les consciences, soulignant le décalage existant entre les aspirations des populations et les agendas politiques.
Plusieurs thématiques traversent les œuvres en compétition, explorant notamment les notions de famille, d’intimité fragilisée, de soin et d’identité multiple. La directrice du festival, Tricia Tuttle, a insisté sur cette volonté de mettre en avant des histoires personnelles résonnant avec des enjeux universels. La sélection officielle, qui compte vingt-deux longs métrages, s’annonce ainsi particulièrement éclectique.
L’ouverture est confiée à la réalisatrice afghane Shahrbanoo Sadat, pour son troisième film, « No Good Men ». Cette comédie au ton décalé aborde la condition des femmes en Afghanistan peu avant le retour des talibans. Exilée à Hambourg, la cinéaste a évoqué la responsabilité des artistes à porter la mémoire de leur pays. La Berlinale confirme par ailleurs son engagement en faveur de la parité, avec près de 41% de films réalisés par des femmes dans sa programmation globale.
Parmi les œuvres attendues figure « Rosebush Pruning » du Brésilien Karim Aïnouz, une satire de la famille patriarcale qui réunit un casting international. L’actrice allemande Sandra Hüller, dont la notoriété a été confirmée par ses récents rôles primés, suscite également l’attente pour son interprétation dans « Rose », un film en lice pour l’Ours d’or. Si les productions américaines à grand budget sont rares à Berlin, « The Weight », avec Ethan Hawke et Russell Crowe, constitue une exception notable, illustrant par ailleurs la tendance des tournages hollywoodiens à s’expatrier pour des raisons économiques.
Le jury, présidé par Wim Wenders et dont la majorité des membres est originaire d’Asie, reflète l’ancrage global de l’événement. Jusqu’au 21 février, près de deux cents films seront projetés, dessinant le portrait d’un cinéma mondial en quête de sens, loin des simples feux de la rampe.





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