Monde
Kosovo, le parti de Kurti renforcé par les urnes

Le mouvement Vetëvendosje du Premier ministre sortant s’impose largement lors des législatives anticipées, selon les résultats préliminaires. Cette avance pourrait lui permettre de mettre fin à l’impasse institutionnelle qui paralysait le pays.
Les électeurs kosovars ont apporté une réponse claire lors du scrutin de dimanche. Les premières estimations officielles placent le parti Vetëvendosje, dirigé par le chef du gouvernement sortant Albin Kurti, en position de force avec près de la moitié des suffrages exprimés. Ces résultats, encore partiels, laissent entrevoir la possibilité pour cette formation d’approcher la majorité absolue au Parlement, ouvrant la voie à une stabilisation politique après des mois de blocage.
La Commission électorale centrale indique que le dépouillement, achevé dans la grande majorité des bureaux de vote, crédite Vetëvendosje de quasiment cinquante pour cent des voix. Les formations arrivées en seconde et troisième positions, le Parti démocratique du Kosovo et la Ligue démocratique du Kosovo, recueillent des scores sensiblement inférieurs. Cette configuration pourrait offrir au parti au pouvoir une assise parlementaire solide, contrastant avec la fragmentation observée après les élections de février dernier, qui n’avaient pas permis de dégager une majorité de gouvernement.
À l’issue du scrutin, Albin Kurti a immédiatement appelé à une coopération constructive entre les forces politiques pour former rapidement les nouvelles institutions. Il a invité l’opposition à œuvrer au sein de l’Assemblée dans l’intérêt général de la population. Cette sortie intervient dans un contexte où la précédente législature s’était caractérisée par de longues paralysies, notamment pour l’élection de son président.
La campagne électorale a été largement dominée par les questions économiques et sociales. Le Premier ministre sortant a mis en avant les performances macroéconomiques enregistrées sous sa mandature, promettant de poursuivre sur cette lancée. En face, les principaux partis d’opposition ont axé leur discours sur le coût de la vie, dénonçant une inflation qui érode le pouvoir d’achat des ménages et des retraités. Ils ont également critiqué la gestion des relations avec la minorité serbe et certains partenaires internationaux, estimant qu’elle avait nui à la crédibilité du pays.
Le taux de participation, en légère hausse par rapport au précédent scrutin, semble indiquer une mobilisation accrue de l’électorat. Les résultats définitifs, qui incluront les votes de la diaspora, seront proclamés dans les prochains jours. Ils détermineront la capacité réelle du parti vainqueur à gouverner sans être contraint à des alliances fragiles, et à engager les réformes attendues par une population préoccupée par sa situation quotidienne.

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