Économie
Kevin Warsh, le banquier central qui revient de Wall Street pour diriger la Fed


Le nouveau président de la Réserve fédérale, nommé par Donald Trump, prête serment ce vendredi à la Maison Blanche. Ce transfuge de la finance, qui a déjà siégé au conseil des gouverneurs il y a vingt ans, devra convaincre de son indépendance face aux pressions présidentielles.
Kevin Warsh, 56 ans, s’apprête à prendre officiellement les rênes de la banque centrale américaine, succédant à Jerome Powell. Sa prestation de serment en présence du président des États-Unis, une première depuis Alan Greenspan en 1987, illustre les liens étroits qu’il entretient avec le locataire de la Maison Blanche. Ce juriste de formation, passé par Morgan Stanley et les conseils économiques de George W. Bush, retrouve une institution qu’il avait quittée en 2011, en désaccord avec la politique monétaire alors menée.
Son parcours suscite des interrogations. Ancien « faucon » soucieux de l’inflation, il s’est récemment montré plus accommodant, louant les politiques « procroissance » de l’exécutif et évoquant la possibilité d’une baisse des taux. Une mue que les milieux financiers, qui l’ont connu rigoureux, observent avec prudence. Lors de son audition au Sénat, il s’est engagé à préserver l’indépendance de la Fed, assurant que le président ne lui avait pas demandé de réduire les taux d’intérêt et affirmant qu’il ne s’y serait « jamais » engagé.
Son arrivée intervient dans un climat tendu. Donald Trump a multiplié les pressions sur la banque centrale, tentant d’écarter Jerome Powell et la gouverneure Lisa Cook. Kevin Warsh, qui s’est abstenu de commenter ces affaires, va désormais siéger aux côtés de M. Powell, lequel a choisi de rester au conseil des gouverneurs tant qu’il ferait l’objet de menaces politico-judiciaires.
Le nouveau président de la Fed entend imprimer sa marque. Il souhaite « de grands changements » au sein de l’institution, notamment en matière de communication et en réduisant le volume d’actifs financiers détenus, qui a considérablement augmenté au fil des crises. Mais pour mener à bien son programme, il devra d’abord gagner la confiance des équipes et des autres responsables monétaires.
Issu d’une famille modeste de l’État de New York, Kevin Warsh a gravi les échelons avec détermination. Après des études dans les prestigieuses universités de Stanford et Harvard, il a travaillé plusieurs années pour Morgan Stanley avant de devenir conseiller économique du président républicain George W. Bush. Ce dernier l’a propulsé en 2006 au conseil des gouverneurs de la banque centrale, où il a joué un rôle actif pendant la crise financière de 2008. Marié à Jane Lauder, héritière du groupe de cosmétiques Estée Lauder, il a promis de céder plus de 100 millions de dollars d’actifs une fois nommé.





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