Culture
_**Mariage au goût d’orange : Christophe Honoré signe une fresque familiale douce-amère à Cannes**_
_**Le cinéaste Christophe Honoré explore les racines de son histoire familiale dans un film choral porté par une distribution éclatante, entre effusions et non-dits.**_
Présenté hors compétition cette semaine sur la Croisette, le seizième long métrage du réalisateur français revisite un épisode qui a marqué sa propre enfance. Il s’agit des noces mouvementées de Martine et Jacques, le dernier d’une fratrie de sept enfants, célébrées en mars 1978 dans la banlieue nantaise. Le père, absent de la cérémonie, demeure pourtant une présence obsédante dans les esprits.
Le film, attendu dans les salles obscures le 18 novembre, rassemble un imposant plateau d’acteurs : Adèle Exarchopoulos, Vincent Lacoste, Paul Kircher, Alban Lenoir et Nadia Tereszkewicz. Tous ont découvert l’œuvre achevée lors de sa présentation cannoise, le tournage s’étant clos au printemps dernier.
Christophe Honoré confie avoir longtemps repoussé ce projet. Depuis son premier film, il écrivait sur cette branche maternelle issue d’un milieu populaire nantais. Pendant vingt ans, l’idée a mûri sans jamais aboutir. La pièce de théâtre *Le ciel de Nantes*, présentée en 2022, a levé les derniers blocages, liés à la pudeur et à la crainte de ne pas être à la hauteur de l’histoire.
Le mariage qui sert de toile de fond a réellement eu lieu le jour de la mort de Claude François, dont les chansons ponctuent la bande originale. La couleur orange, omniprésente, renvoie à la boisson en poudre Tang qui égayait les goûters des enfants de l’époque, dont le cinéaste lui-même. La fête nocturne est traversée de rires, de larmes, d’accès de violence et de réconciliations.
Au sein de la famille Puig, aux caractères bien trempés, cette nuit devient un moment charnière. Des révélations éclatent, des décisions se prennent, des bascules s’amorcent. Le récit fait des sauts dans les années suivantes pour en montrer les conséquences. Le réalisateur explique avoir voulu, non pas suivre des destins individuels, mais brosser un tableau d’ensemble où les émotions se répercutent d’un personnage à l’autre.
Paul Kircher, qui avait déjà tourné avec Christophe Honoré dans *Le Lycéen* en 2022, incarne le jeune marié désireux d’avancer. Il confie vouloir échapper au schéma familial tout en conservant l’affection qu’il porte aux siens. Le comédien évoque aussi la volonté de ne pas reproduire la violence masculine qui traverse cette lignée.
Le cinéaste souligne les vertus de cette famille : la solidarité et le soutien indéfectibles, malgré les rancœurs, les jalousies et les éclats. Ce lien, cet héritage, dépasse tout. La question centrale qui hante le film est celle de la transmission. Comment ces destins peuvent-ils se libérer des traumatismes de l’enfance ? Cette interrogation parcourt toute la filmographie de Christophe Honoré.
En ouverture du film, une citation de la prix Nobel de littérature Annie Ernaux, elle-même empruntée à José Ortega y Gasset, donne le ton : *Nous n’avons que notre histoire et elle n’est pas à nous*.
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