Monde
Kaboul sous le feu des canons antiaériens, les talibans visent l’aviation pakistanaise

La capitale afghane a été réveillée par des tirs et des explosions dimanche à l’aube, dans un contexte d’escalade militaire ouverte entre les deux voisins. Les autorités de Kaboul affirment avoir engagé leur défense aérienne contre des appareils ennemis.
Des détonations et des tirs nourris ont retenti au cœur de la capitale afghane dans la nuit de samedi à dimanche. Le gouvernement taliban a immédiatement attribué ces événements à des opérations de défense antiaérienne, précisant qu’elles visaient des aéronefs militaires pakistanais. Cette annonce intervient au quatrième jour d’un conflit frontalier qui a dégénéré en affrontements généralisés jeudi dernier, après une offensive terrestre lancée par Kaboul.
En représailles à cette attaque, l’armée pakistanaise a reconnu avoir mené des frappes aériennes sur plusieurs grandes villes afghanes, dont Kaboul et Kandahar, où réside le chef spirituel des talibans. Des sources afghanes font état de pertes civiles dans la région de Kandahar, où des ouvriers auraient été touchés par des bombardements. Les autorités locales rapportent également plusieurs dizaines de victimes civiles dans les provinces orientales depuis le début des hostilités.
Les affirmations des belligérants, difficiles à vérifier de manière indépendante, divergent fortement. Les forces afghanes prétendent avoir abattu un avion de chasse adverse et capturé son pilote, une information catégoriquement démentie par Islamabad. Sur le terrain, les populations frontalières décrivent des combats intenses et un exode de civils fuyant les zones de bombardements.
La communauté internationale, par la voix de l’Union européenne, a lancé un appel pressant à une désescalade immédiate. Les tentatives de médiation menées par plusieurs pays du Golfe sont pour l’instant restées vaines. Le Pakistan justifie ses actions par la nécessité de se défendre contre des groupes militants qu’il accuse les talibans d’héberger, une accusation rejetée par Kaboul.
Alors que le ministre pakistanais de l’Information a réaffirmé la détermination de son pays à se défendre « en toutes circonstances », les autorités afghanes ont pour leur part exprimé une préférence pour la voie du dialogue. Cette flambée de violence constitue l’épisode le plus grave depuis l’automne dernier, marquant une rupture dans les relations déjà tendues entre les deux pays depuis le retour au pouvoir des talibans en 2021.

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