Économie
Jets privés en pleine crise les ultra-riches volent plus que jamais
Alors que le prix du kérosène a presque doublé depuis le début de la guerre en Iran, les plus fortunés multiplient les trajets en jet privé pour se rendre…


Alors que le prix du kérosène a presque doublé depuis le début de la guerre en Iran, les plus fortunés multiplient les trajets en jet privé pour se rendre au Grand Prix de Monaco ou au Festival de Cannes. Pendant ce temps, les classes moyennes et les compagnies low‑cost trinquent.
Les chiffres donnent le tournis. Depuis janvier, le nombre de vols privés a grimpé de 4% dans le monde. Des milliers de voyages supplémentaires, alors même que le carburant coûte une fortune. Pour les patrons de l’aviation d’affaires, pas de doute : leur clientèle est assez riche pour encaisser la hausse. « Si vous voyagez en jet privé, une augmentation de 1000 ou 2000 euros ne vous gêne pas », résume le propriétaire d’une compagnie d’affrètement. Résultat, les riches délaissent les classes premium des vols commerciaux. Ils préfèrent payer plus cher pour éviter les annulations et les perturbations dans les aéroports, devenues fréquentes à cause du conflit au Moyen‑Orient.
Les grands événements internationaux boostent encore la demande. Pour le Festival de Cannes, les réservations de jets ont bondi de 25% par rapport à l’année dernière. Le Grand Prix de Monaco, lui, a vu une hausse de près d’un tiers. Même tendance au Super Bowl, où le trafic privé dans les aéroports voisins a été trois fois plus intense qu’un jour normal. Et en avril, le tournoi de golf Masters à Augusta a fait décoller le nombre de vols privés de 50 à plus de 400. « Nos clients battent des records d’heures de vol chaque mois », explique le patron du constructeur Embraer. Bref, l’activité est plus intense que jamais, selon les pilotes et les dirigeants du secteur.
Mais ce phénomène a un revers. Il illustre ce que les économistes appellent l’économie « en K » : les riches dépensent toujours plus, tandis que les ménages modestes serrent la ceinture. Les compagnies low‑cost sont les premières touchées par la baisse de la demande. Par ailleurs, les frappes de missiles et de drones dans le Golfe ont réduit de moitié le trafic aérien dans cette région pourtant autrefois stratégique. Sans surprise, les jets privés sont aussi critiqués par les militants climatiques. Ils pointent le creusement des inégalités et l’impact environnemental d’un transport très polluant. Les professionnels du secteur se défendent, rappelant leur rôle dans la connectivité européenne. « Les gens se sentent en sécurité quand ils ont le contrôle », justifie un propriétaire de compagnie. Une sécurité qui, pour l’instant, profite surtout à ceux qui peuvent se l’offrir.
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