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Économie

Jerome Powell défend bec et ongles l’indépendance de la Réserve fédérale

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L’ancien patron de la banque centrale américaine a mis en garde contre les risques de pressions politiques, en recevant un prix pour son courage face à Donald Trump.

L’ex-président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, a vigoureusement défendu dimanche l’indépendance et la crédibilité de l’institution, cible d’attaques répétées de la Maison Blanche pour obtenir une baisse des taux. Il s’exprimait pour la première fois en public depuis sa passation de pouvoir avec Kevin Warsh, un proche du président Trump, lors de la remise d’un prix du courage à Boston.

« Si un gouvernement trouve un moyen de révoquer des responsables de la Fed pour des désaccords de politique monétaire, alors les futurs gouvernements le feront aussi », a prévenu Jerome Powell. Selon lui, le public perdrait alors toute confiance dans la capacité de la banque centrale à agir dans l’intérêt de tous les Américains.

L’ancien président, qui est resté gouverneur après son départ, a souligné que la Fed traversait actuellement un véritable test de résistance. « Nous ne tenons pas compte du sort d’un parti politique ou d’un responsable dans nos décisions », a-t-il affirmé.

Jerome Powell a été la cible des critiques de Donald Trump depuis le retour de ce dernier au pouvoir en janvier 2025. Le républicain souhaite des taux plus bas pour stimuler l’économie et a tenté d’accélérer le départ de M. Powell et de révoquer une autre gouverneure, Lisa Cook. En début d’année, l’ancien président de la Fed était sorti de sa réserve pour dénoncer une enquête ouverte par le ministère de la Justice, qu’il qualifiait de prétexte dans un contexte de pressions constantes.

Le prix du courage qui lui a été décerné a été remis par la fondation de la bibliothèque présidentielle John F. Kennedy. L’organisation loue son action pour avoir « défendu l’indépendance de la Réserve fédérale, essentielle à la stabilité économique mondiale, malgré des années d’attaques personnelles venues des plus hautes sphères du gouvernement ». D’anciens présidents comme George Bush senior et Barack Obama, ainsi que des figures politiques américaines et étrangères, figurent parmi les précédents lauréats. La fondation a également décerné un second prix cette année aux habitants de Minneapolis et Saint-Paul, épicentres d’une offensive anti-immigration ayant fait deux morts.

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