Nous rejoindre sur les réseaux

News

Guerre contre le narcotrafic : l’exécutif mobilise tous les ministères

Article

le

Face à une escalade de la violence liée aux trafics de stupéfiants, le gouvernement français met en place une coordination inédite en réunissant l’ensemble de ses départements ministériels.

L’exécutif a décidé d’engager une action d’envergure contre les réseaux criminels en instaurant un comité interministériel de lutte contre la criminalité organisée. Présidé par le Premier ministre Sébastien Lecornu, ce dispositif vise à associer l’ensemble des secteurs de l’État, de la prévention à la répression, pour répondre à une recrudescence des homicides liés au trafic de drogue. Douze ministres sont conviés à cette table, notamment ceux en charge de l’Intérieur, de la Justice, du Travail, de l’Éducation et des Affaires étrangères, ainsi que la porte-parole du gouvernement.

Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, défend depuis plusieurs semaines une approche globale, estimant que cette lutte ne saurait être menée par un seul ministère. Depuis le début de l’année, une série de meurtres liés au narcotrafic a secoué le pays, avec une implication croissante de mineurs, tant comme victimes que comme auteurs. Des villes comme Nantes, Grenoble, Nice, Rennes ou Lyon sont désormais touchées, alors que Marseille n’est plus la seule à connaître des règlements de comptes.

Le procureur de Grenoble, Étienne Manteaux, a dressé un constat alarmant mercredi dernier. En six mois, dix hommes ont été tués dans le cadre d’une guerre territoriale intense dans la ville et sa banlieue. Il a souligné que cette situation oblige la puissance publique à tout mettre en œuvre pour interrompre cette spirale de vengeance. À Décines-Charpieu, dans la banlieue lyonnaise, l’incendie criminel d’un immeuble de sept étages le 11 mai, qui a coûté la vie à trois personnes, illustre cette violence débridée. Trois jeunes âgés de 16 à 18 ans ont été mis en examen pour homicide volontaire en bande organisée, la justice privilégiant la piste d’un règlement de comptes.

Comme son homologue marseillais Nicolas Bessonne, le procureur de Grenoble estime qu’un seuil a été franchi. Les individus ne tirent plus pour impressionner mais pour tuer. Les revenus du trafic de stupéfiants sont considérables, avec un chiffre d’affaires estimé à environ 7 milliards d’euros en 2023 en France. Les petites mains du trafic, souvent des mineurs ou des jeunes majeurs, sont facilement recrutées par les réseaux. Un guetteur gagne en moyenne 50 à 100 euros par jour, un vendeur entre 50 et 250 euros. Les tueurs à gages, quant à eux, sont embauchés via les réseaux sociaux.

En février, un adolescent de 14 ans au moment des faits a été condamné à 17 ans de réclusion criminelle pour avoir abattu un chauffeur de VTC à Marseille, une victime sans lien avec la criminalité organisée. Il avait été recruté de la sorte par un détenu de 24 ans, pour un contrat estimé entre 20 000 et 30 000 euros. En 2024, les autorités ont recensé 367 assassinats et tentatives entre délinquants, quasi-systématiquement liés au narcotrafic, avec un bilan de 110 morts et 341 blessés, soit une hausse de 33 % depuis 2021.

Les forces de l’ordre mènent régulièrement des opérations de grande envergure. En mars, l’opération Octopus contre la DZ Mafia à Marseille s’est soldée par 42 gardes à vue. À Lyon, le 19 mai, un millier de policiers et gendarmes ont été mobilisés, conduisant à l’interpellation de 93 personnes.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus