Économie
Grève inédite à la Société Générale sous la pression des salariés

Pour la première fois depuis 2020, l’ensemble des syndicats de la banque ont appelé à un mouvement social, dénonçant des conditions de travail dégradées et des salaires jugés insuffisants.
Mardi matin, une cinquantaine d’employés de la Société Générale se sont rassemblés devant le siège parisien de La Défense, brandissant des slogans ciblant leur directeur général, Slawomir Krupa. Ce mouvement, initié par une intersyndicale regroupant la CFDT, la CFTC, la CGT et le SNB CFE-CGC, fait suite à l’échec des négociations annuelles sur les rémunérations. Les syndicats dénoncent une gestion jugée inflexible malgré des bénéfices nets de 4,2 milliards d’euros en 2024.
Les tensions couvaient depuis plusieurs mois, alimentées par des restructurations successives et la fusion des réseaux Société Générale et Crédit du Nord, entraînant près de 4 650 suppressions de postes. Les salariés pointent du doigt une charge de travail excessive, des effectifs réduits et une mobilité entravée. « Les agences sont en sous-effectif, comment satisfaire les clients dans ces conditions ? », interroge une employée anonyme, évoquant une « pression terrible » au quotidien.
La direction affirme pourtant avoir prévu une enveloppe de 353 millions d’euros en 2025 pour revaloriser les salaires, dépassant ainsi l’inflation anticipée. Mais cette proposition n’a pas suffi à apaiser les frustrations. Les syndicalistes regrettent un « dialogue social au point mort » et un manque de reconnaissance des efforts fournis. Jean-Benoît Robitaillie, de la CFTC, souligne que de nombreux salariés « ne se reconnaissent plus dans le groupe », minés par l’incertitude et les transformations brutales.
Arrivé en mai 2023, Slawomir Krupa poursuit une politique drastique de réduction des coûts, incluant la cession d’activités non stratégiques. Une stratégie qui, selon lui, ne laisse « rien de sacré ». Mais pour les grévistes, cette rigueur se paie au prix fort, avec un moral en berne et un sentiment d’abandon grandissant. Le mouvement, rare dans le secteur bancaire, illustre une fracture croissante entre une direction axée sur la rentabilité et des équipes épuisées par des réformes incessantes.

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