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French Bukkake : les parties civiles obtiennent le renvoi aux assises

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Les victimes de la plateforme pornographique French Bukkake ont obtenu que les 16 accusés soient jugés devant une cour d’assises, une décision qui reconnaît le caractère sexiste et raciste des viols commis.

Le premier procès d’envergure en France pour violences sexuelles dans le milieu du porno amateur se tiendra devant une cour d’assises, comme le réclamaient plusieurs parties civiles dans l’affaire de la plateforme French Bukkake. La chambre de l’instruction a rendu sa décision jeudi, après que la Cour de cassation avait cassé un précédent refus et ordonné un réexamen. Les motivations précises de ce renvoi seront communiquées dans les prochains jours.

À l’été 2023, les juges d’instruction avaient initialement ordonné le renvoi des mis en cause devant une cour criminelle. Mais une trentaine de parties civiles avaient contesté cette orientation, exigeant que les circonstances aggravantes de sexisme et de racisme soient retenues pour les viols dénoncés lors de tournages réalisés entre 2015 et 2020. La loi française prévoit en effet que de telles aggravations entraînent une comparution aux assises, exposant les 16 accusés à des peines pouvant dépasser vingt ans de réclusion. Parmi eux figurent le dirigeant de la plateforme, aujourd’hui fermée, son associé, un rabatteur présumé ainsi que plusieurs acteurs.

La Cour de cassation, dans son arrêt de mai 2025, avait jugé que la chambre de l’instruction aurait dû retenir les caractères sexiste et raciste des viols. Elle estimait que les insultes proférées, telles que « salope », « pute » ou « vide-couilles », n’avaient pas été considérées comme prononcées en raison de l’appartenance des victimes au sexe féminin, ni les autres injures en raison de leur appartenance réelle ou supposée à une prétendue ethnie ou race. La plus haute juridiction judiciaire avait également conclu que les tournages pornographiques relevaient du proxénétisme pour les producteurs ayant tiré profit de cette activité.

« Nous nous félicitons du renvoi aux assises », a déclaré Lorraine Questiaux, avocate de parties civiles. « La dimension raciste et sexiste des viols n’est pas du tout anecdotique. Elle montre que la haine est au cœur du modus operandi de l’industrie pornographique et permet de comprendre le contexte dans lequel ces crimes ont été commis », a-t-elle ajouté. De son côté, Pierre-Alexandre Kopp, représentant également des parties civiles, a estimé que la cour d’assises constituait « un vecteur plus efficace pour déclencher des changements » de société.

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