Économie
Francfort mise sur l’avenir avec un nouveau terminal aérien


Le hub aérien allemand inaugure un troisième terminal de grande envergure, tandis que le débat sur l’opportunité d’une telle expansion s’intensifie dans un contexte de crise énergétique.
Le plus grand aéroport d’Allemagne, situé à Francfort, a officiellement ouvert les portes de son troisième terminal ce mercredi. Cet équipement, destiné à accueillir environ vingt millions de voyageurs supplémentaires chaque année, suscite des interrogations quant à sa pertinence, alors que le pays traverse une période de tensions sur le marché de l’énergie et de préoccupations climatiques croissantes.
Le hall d’enregistrement, d’une hauteur sous plafond de dix-huit mètres, séduit par son esthétique épurée et sa façade vitrée de sept mille mètres carrés. Cette dernière, composée de sept cents panneaux de verre fixés sur une armature en acier, illustre le soin apporté à la conception de ce bâtiment. Implanté au sud de la plateforme aéroportuaire, ce nouveau terminal vise à réduire la congestion des installations situées au nord. Fraport, l’entreprise gestionnaire de l’aéroport, présente ce chantier comme l’un des plus importants projets d’infrastructure privés en Europe, entièrement financé par des capitaux privés.
Initialement estimé entre deux milliards et demi et trois milliards d’euros, avec une mise en service prévue pour 2022, le projet a vu son budget grimper à quatre milliards d’euros. Ce dépassement, ainsi que les retards accumulés, sont en partie attribués aux perturbations provoquées par la pandémie de Covid-19. Lors de la cérémonie d’inauguration, le directeur général de Fraport, Stefan Schulte, a souligné que ce terminal prouvait la capacité de l’Allemagne à mener à bien de grands chantiers, en référence aux difficultés rencontrées sur d’autres projets aéroportuaires nationaux, comme celui de Berlin, marqué par des années de retard et une facture finale avoisinant les sept milliards d’euros.
Le projet francfortois n’a pas échappé aux critiques, notamment de la part d’associations environnementales. Ces dernières remettent en cause la nécessité d’une telle extension alors que le trafic annuel de l’aéroport n’a pas retrouvé son niveau d’avant la crise sanitaire. En 2025, l’aéroport a enregistré environ soixante-trois millions de passagers, contre plus de soixante-dix millions en 2019. L’initiative pour la protection du climat, de l’environnement et contre le bruit dans le transport aérien qualifie cet ouvrage de symbole de planification inadaptée et de mégalomanie. Les opposants dénoncent également l’augmentation des émissions de dioxyde de carbone, les nuisances sonores et l’aggravation de la pollution liée aux déplacements vers l’aéroport.
Au total, cinquante-sept compagnies aériennes doivent s’installer dans ce nouveau terminal. La compagnie allemande Condor en sera l’utilisateur principal, avec une part de trente pour cent du trafic.





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