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Économie

Fast-food et gastronomie : la cohabitation s’organise dans le paysage culinaire français

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Alors que les ventes de la restauration rapide continuent de croître, les établissements traditionnels résistent sans disparaître, chacun répondant à des attentes distinctes des consommateurs.

La restauration rapide affiche une santé florissante, avec une augmentation de 6 à 7 % de ses points de vente en 2025, tandis que les ouvertures de restaurants traditionnels peinent à compenser les fermetures. Ce constat, dressé par François Blouin, président du cabinet Food Service Vision, nuance les craintes exprimées par Alain Fontaine, président de l’Association française des maîtres restaurateurs, qui évoquait un risque de disparition de la restauration avec service à table. En réalité, les nouveaux marchés se développent principalement dans le secteur du service rapide, mais la cuisine traditionnelle conserve sa clientèle.

Les enseignes de fast-food séduisent par leur capacité à s’adapter aux contraintes modernes. Esther Kalonji, déléguée générale du Syndicat national de l’alimentation et de la restauration rapide, souligne que la flexibilité, l’accessibilité, la diversité des offres et la transparence attirent les consommateurs français. Le rapport qualité-prix joue un rôle déterminant : un client dépense en moyenne 15 à 18 euros dans un fast-food contre une trentaine d’euros dans un restaurant traditionnel. Cette différence s’explique en partie par une hausse des prix des matières premières de 16 % entre fin 2022 et fin 2025, que la restauration traditionnelle a répercutée à hauteur de 31 % sur les additions, alors que les chaînes rapides ont limité cette augmentation à 5 ou 10 %.

Pour maintenir des tarifs compétitifs, le secteur a rogné sur ses marges. Une étude du cabinet Xerfi, réalisée en 2025, révèle que le résultat net des entreprises de restauration rapide a chuté de 5,8 % en 2017 à 2,9 % en 2023, avec un tiers des structures en situation de rentabilité négative. Malik Mensour, directeur des opérations de la chaîne de burgers G La Dalle, confie que les ventes sont devenues plus complexes depuis une dizaine de mois en raison d’un contexte économique morose. Pour rester dynamique, son enseigne a lancé une offre de box de poulet frit, surfant sur la tendance de ce produit dont la consommation explose.

La concurrence s’intensifie avec l’arrivée de nouveaux acteurs et des stratégies agressives sur les prix. Tasty Crousty propose une barquette de riz avec du poulet frit à moins de 10 euros, tandis que McDonald’s a dévoilé en mai une offre à 5 euros baptisée le McDeal. Malgré cette effervescence, la restauration traditionnelle parvient à se réinventer avec des concepts populaires comme les bouillons, les restaurants à volonté ou les offres de planches et tapas. François Blouin considère que ces différents segments ne sont que des concurrents indirects, car ils répondent à des besoins spécifiques.

Une étude récente de Food Service Vision met en lumière un autre acteur qui gagne du terrain : la boulangerie-pâtisserie. Avec des offres de restauration toujours plus variées au-delà des sandwichs classiques, ce secteur a vu sa part de marché passer de 11 % à 13 % entre 2023 et 2025, tandis que la restauration à table déclinait de 23 % à 21 % et que la restauration rapide restait stable à 66 %.

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