Monde
État de siège au Guatemala après une série d’attaques meurtrières contre la police
Le pays est en deuil national après la mort de neuf fonctionnaires, survenue dans un contexte de violences carcérales et de défiance des gangs. Le président a instauré un régime d’exception pour trente jours.
Un neuvième policier a succombé à ses blessures ce lundi, portant à neuf le nombre d’agents tués en deux jours. Cette escalade intervient au lendemain d’une vague d’assauts coordonnés contre les forces de l’ordre, perpétrés en représailles à des opérations de reconquête menées par l’État dans trois établissements pénitentiaires. Dimanche, les autorités avaient repris le contrôle de ces centres où des dizaines de gardiens étaient retenus en otage par des détenus.
Ces mutineries, qui se multiplient depuis plusieurs mois, visent à protester contre le transfert de chefs criminels vers un centre de détention à régime renforcé. Les groupes impliqués réclament le retour de ces figures dans des prisons aux conditions moins strictes. Le ministre de l’Intérieur a dénoncé des attaques « lâches » contre des fonctionnaires, menées en réaction aux actions gouvernementales.
Face à cette crise, le président a décrété l’état de siège sur l’ensemble du territoire national pour une durée de trente jours. Ce régime exceptionnel, qui doit encore être entériné par le Congrès où l’opposition domine, suspend certaines libertés publiques et habilite les forces de sécurité à procéder à des interpellations sans mandat judiciaire. Le ministre de la Défense a annoncé le déploiement de l’armée dans les rues pour « frapper » les structures du crime organisé et rétablir la tranquillité publique.
Les funérailles des premiers policiers décédés se sont déroulées ce lundi au siège du ministère de l’Intérieur, en présence du chef de l’État. Les cercueils, recouverts du drapeau national, ont été honorés lors d’une cérémonie solennelle, premier jour d’un deuil national de trois jours. Les établissements scolaires sont restés fermés.
Les violences sont attribuées à des gangs, dont le Barrio 18 et la Mara Salvatrucha, organisations qualifiées de « terroristes » par les autorités guatémaltèques et américaines. Ces groupes se disputent le contrôle de territoires, pratiquant l’extorsion contre les commerçants, les transporteurs et les habitants, et sont fortement impliqués dans le trafic de stupéfiants. Le directeur de la police a affirmé que ses agents étaient déterminés à protéger la population, y compris par l’usage de leurs armes si nécessaire.
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