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Eramet convoque ses actionnaires pour obtenir le feu vert à une levée de fonds de 500 millions d’euros

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Le groupe minier français sollicite l’aval de ses principaux investisseurs, l’État et la famille Duval, pour renflouer ses caisses et traverser une passe financière délicate.

Le conseil d’administration d’Eramet soumet ce mercredi à ses actionnaires réunis en assemblée générale à Paris une résolution cruciale. Celle-ci autoriserait, pour une durée de vingt-six mois, une augmentation de capital pouvant atteindre 500 millions d’euros, destinée à consolider les fonds propres de l’entreprise. L’opération, dévoilée à la mi-février, vise à restaurer la santé financière du groupe après une perte nette de 477 millions d’euros enregistrée l’an dernier et un endettement jugé préoccupant.

L’adoption de cette mesure ne devrait pas soulever d’obstacle majeur, les deux actionnaires de référence, l’État via l’Agence des participations de l’État et la famille Duval, s’étant déjà engagés à la soutenir. La question la plus délicate réside dans l’identité des participants à cette injection de liquidités. Les détenteurs de titres disposeront d’un droit de souscription préférentiel, leur offrant une priorité pour acquérir les nouvelles actions émises. Cependant, des informations de presse récentes indiquent que la famille Duval examine la possibilité de céder sa participation. En cas de non-participation à l’augmentation de capital, sa part dans le groupe serait mécaniquement réduite. À la fin de l’année dernière, elle détenait environ 10,7 millions d’actions, représentant 37,22 % du capital et 43,5 % des droits de vote, une participation estimée à près de 600 millions d’euros sur la base du cours de Bourse observé récemment.

L’État, qui possède 27,13 % du capital et 31,8 % des droits de vote via l’Agence des participations de l’État et la société FSI Equation, a exprimé son soutien à l’opération. Bercy a souligné que cette augmentation de capital vise à offrir de nouvelles marges de manœuvre à l’entreprise et à sécuriser son avenir, tout en précisant que l’État n’envisage pas de racheter les parts des Duval. La levée de fonds est programmée pour la seconde moitié de l’année prochaine. En attendant, le groupe a engagé une revue stratégique de ses actifs et compte monétiser certaines de ses participations.

Eramet, qui emploie 10 000 personnes dans 17 pays, extrait du manganèse au Gabon, du nickel en Indonésie, des sables minéralisés au Sénégal et du lithium en Amérique latine. Plusieurs défis se profilent sur ces marchés. Le Gabon a annoncé son intention d’interdire l’exportation de manganèse brut à partir de 2029 pour développer une industrie locale de transformation. En Indonésie, les autorités ont fixé des quotas de vente de nickel nettement inférieurs pour 2026, et Eramet, actionnaire minoritaire de la plus grande mine de nickel au monde, a sollicité une révision à la hausse de son allocation. Au Sénégal, l’activité a été perturbée par un incident survenu fin février, et le groupe prévoit un redémarrage progressif à partir de fin avril. Par ailleurs, l’entreprise conserve la propriété de la Société Le Nickel en Nouvelle-Calédonie, dont les pertes sont entièrement prises en charge par l’État depuis 2024. Enfin, le début d’année a été marqué par des remous au sein de la direction, avec le départ du directeur général récemment recruté et la mise à l’écart du directeur financier, remplacé par un proche de la présidente Christel Bories, qui a repris la direction générale par intérim.

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