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Deux hommes condamnés à mort pour l’attentat de Bangkok qui avait fait 20 morts

Le verdict est tombé après dix ans de procédure chaotique. Yusufu Mieraili et Bilal Mohammed ont été reconnus coupables de l’explosion la plus meurtrière…

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Deux hommes condamnés à mort pour l’attentat de Bangkok qui avait fait 20 morts

Le verdict est tombé après dix ans de procédure chaotique. Yusufu Mieraili et Bilal Mohammed ont été reconnus coupables de l’explosion la plus meurtrière de l’histoire thaïlandaise, au sanctuaire hindou d’Erawan, en 2015.

Ce jeudi, la justice thaïlandaise a tranché. Yusufu Mieraili et Bilal Mohammed, deux Chinois de l’ethnie ouïghoure, ont été condamnés à la peine capitale pour avoir orchestré l’attaque du sanctuaire d’Erawan à Bangkok. Le 17 août 2015, une bombe cachée dans un sac à dos avait dévasté la cour de ce lieu de culte très fréquenté, tuant 20 personnes et en blessant plus d’une centaine. Parmi les victimes, de nombreux touristes chinois. Les juges ont estimé que les preuves étaient suffisantes pour établir une tentative de meurtre et un meurtre avec préméditation. Les deux accusés, qui clamaient leur innocence, ont fondu en larmes à l’audience et annoncé leur intention de faire appel. « Je n’ai rien fait de mal », a lancé le premier, avant d’être emmené.

Le procès, qui s’est étiré sur près de dix ans, a été marqué par de nombreux obstacles. La pandémie de Covid a d’abord ralenti les débats, puis ce sont les difficultés à trouver des traducteurs qui ont bloqué l’avancée. Des centaines de témoins ont défilé, mais la procédure a semblé s’enliser. Les deux hommes ont été acquittés pour une seconde explosion survenue le même jour dans un autre quartier, qui n’avait fait aucune victime. Une Thaïlandaise, Wanna Suansan, avait également été arrêtée en 2017 après la découverte d’un arsenal chez elle, mais elle a été acquittée en 2024. L’enquête de la junte alors au pouvoir avait été critiquée pour son opacité, et beaucoup jugent que l’affaire n’a jamais été totalement élucidée.

Le contexte politique pèse lourd sur cette affaire. Quelques semaines avant l’attentat, la Thaïlande avait expulsé de force 109 Ouïghours vers la Chine, où cette minorité musulmane subit une répression massive selon de nombreuses ONG. Ce geste, perçu comme un rapprochement avec Pékin, a fait naître l’hypothèse d’un acte de vengeance. Depuis, les Ouïghours restent un sujet sensible entre les deux pays. En février 2025 encore, la Thaïlande a renvoyé des dizaines d’entre eux en Chine, malgré les mises en garde de l’ONU. Aujourd’hui, le sanctuaire d’Erawan continue d’attirer des fidèles, notamment chinois. Mais la plupart des visiteurs interrogés ne connaissaient même pas cette affaire. « C’est un endroit agréable pour prier », a simplement dit l’un d’eux, ignorant tout du drame qui s’y est joué.

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