Faits Divers
Coupang condamné à une amende historique de 350 millions d’euros après une fuite de données massive
Cette pénalité, la plus lourde jamais infligée en Corée du Sud pour une violation de données, met en lumière les failles de sécurité du géant de…


Cette pénalité, la plus lourde jamais infligée en Corée du Sud pour une violation de données, met en lumière les failles de sécurité du géant de l’e-commerce. L’affaire prend une tournure diplomatique entre Séoul et Washington.
L’autorité sud-coréenne de protection des données a tranché. Coupang, la plateforme de vente en ligne numéro un du pays, doit payer une amende record de 624,68 milliards de wons, soit environ 350 millions d’euros. En cause, une fuite de données qui a exposé les informations personnelles de plus de 37 millions d’utilisateurs entre juin et novembre 2025. Noms, adresses email, numéros de téléphone, adresses de livraison et historiques de commande se sont retrouvés à la merci de pirates. Selon la Commission de protection des informations personnelles, les mesures de sécurité étaient bien trop laxistes. Mauvaise gestion des clés d’authentification, contrôles d’accès défaillants, rien n’a été fait pour empêcher cette catastrophe numérique. Heureusement, les informations de paiement et les identifiants de connexion n’ont pas été compromis.
Mais Coupang conteste fermement l’ampleur des dégâts. L’entreprise affirme que seuls 3.000 dossiers clients ont réellement été exposés. Elle déplore que ses explications et ses mesures préventives n’aient pas été prises en compte. Dans un communiqué, le groupe annonce qu’il va engager des procédures judiciaires pour clarifier les faits. L’enquête a aussi révélé un autre scandale. Coupang avait collecté illégalement les historiques de navigation en ligne d’environ 11,17 millions d’utilisateurs sur des sites et applications tiers. Ces données étaient stockées de manière à pouvoir identifier les personnes. La présidente de la Commission, Song Kyung-hee, a souligné que l’entreprise aurait dû alerter les victimes dans les 72 heures suivant la fuite. Le retard a privé les gens de la possibilité de se protéger contre d’éventuels usages frauduleux.
Cette amende ne fait pas seulement trembler Coupang. Elle crée des remous diplomatiques entre la Corée du Sud et les États-Unis. Le siège mondial de Coupang est à Seattle, l’entreprise est cotée à New York et son président, Kim Bom, est citoyen américain. En avril, des parlementaires républicains américains ont dénoncé une enquête discriminatoire envers les entreprises américaines. En réponse, une centaine de députés sud-coréens ont envoyé une lettre à l’ambassadeur américain à Séoul, dénonçant des pressions excessives. La presse sud-coréenne rapporte que Washington aurait menacé de suspendre les pourparlers de sécurité de haut niveau si Séoul ne garantissait pas la sécurité juridique du président de Coupang. Le contexte est tendu. Les États-Unis abritent 28 500 soldats américains en Corée du Sud pour faire face à la menace nord-coréenne. Et Séoul est pressée de concrétiser un accord d’investissements de 350 milliards de dollars en échange d’une baisse des droits de douane américains. Pour le professeur Kim Dae-jong de l’université Sejong, Washington va dénoncer cette amende comme excessive. Et Coupang devrait contester la décision devant les tribunaux. Cette affaire risque de peser lourd sur les relations entre les deux alliés.
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