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Pour la première fois en dix ans, le nombre de déplacés dans le monde a reculé

La barre des 117,8 millions de personnes forcées de fuir leur foyer fin 2025 marque une baisse inédite depuis une décennie. Mais ce chiffre cache des…

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Pour la première fois en dix ans, le nombre de déplacés dans le monde a reculé

La barre des 117,8 millions de personnes forcées de fuir leur foyer fin 2025 marque une baisse inédite depuis une décennie. Mais ce chiffre cache des retours précaires et des crises toujours explosives.

C’est une inflexion rare dans les chiffres de l’exil. Fin 2025, 117,8 millions de personnes vivaient loin de chez elles à cause de conflits, de violences ou de persécutions. Soit 5,4 millions de moins qu’un an plus tôt. Une première baisse en dix ans, saluée par l’agence des Nations Unies pour les réfugiés. Mais le soulagement est mesuré, car ces retours massifs se font souvent sous la contrainte.

Près de six déplacés sur dix sont restés à l’intérieur de leur propre pays. Et si 14,7 millions de personnes sont revenues chez elles en 2025, principalement en République démocratique du Congo, au Soudan, en Syrie ou en Afghanistan, les conditions de ces retours sont alarmantes. Le chef de l’agence onusienne, Barham Salih, a averti que beaucoup repartent sous pression, vers des régions où l’insécurité persiste, les infrastructures sont détruites et les services de base quasi inexistants. Un retour dans l’urgence, pas dans la sécurité.

Par ailleurs, les nouvelles demandes d’asile continuent d’exploser. Fin 2025, près de 9 millions de personnes attendaient une décision sur leur dossier, un record. Les apatrides, eux, sont 4,5 millions, soit 3% de plus qu’un an plus tôt. Huit pays concentrent l’essentiel des nouveaux exils transfrontaliers, avec le Soudan et l’Ukraine en tête. La réinstallation, elle, a chuté brutalement, surtout après la baisse des admissions aux États-Unis, alors que 2,9 millions de réfugiés auraient besoin d’une place ailleurs. Le contraste est saisissant.

Face à cette situation, Barham Salih a fixé un cap ambitieux réduire de plus de la moitié le nombre de réfugiés d’ici dix ans. Son idée ne pas se limiter à l’aide humanitaire d’urgence, mais développer des solutions durables retours volontaires, réinstallation élargie, visas humanitaires et autonomie économique des exilés. Un message adressé aux États et aux pays d’accueil. Mais début 2026, le nombre de déplacés restait stable autour de 117 à 118 millions, preuve que la baisse observée fin 2025 ne tient qu’à un fil.

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