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La procureure générale de Paris reconnaît les défaillances de la justice dans l’affaire Lyhanna

L’aveu est rare et lourd de sens. Marie-Suzanne Le Quéau admet que la justice a des torts après la mort de la jeune fille, et promet de rendre des comptes.

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La procureure générale de Paris reconnaît les défaillances de la justice dans l'affaire Lyhanna

L’aveu est rare et lourd de sens. Marie-Suzanne Le Quéau admet que la justice a des torts après la mort de la jeune fille, et promet de rendre des comptes.

La procureure générale près la cour d’appel de Paris a brisé le silence. Jeudi, elle a reconnu que la justice française a failli dans l’affaire Lyhanna, une adolescente retrouvée morte une semaine après sa disparition dans le Gers. Ce meurtre est devenu le symbole d’un système judiciaire en souffrance. « Nous devons la vérité aux Français et nous devons la regarder en face », a-t-elle lancé. Ses mots ont une portée nationale. Car derrière cette affaire, c’est toute une institution qui est mise en cause.

Le problème est connu mais rarement avoué aussi frontalement. Le manque de moyens chronique empêche la justice de fonctionner correctement. Pourtant, des budgets ont été augmentés. 1 500 nouveaux magistrats ont rejoint les tribunaux ces derniers mois. Mais cela ne suffit pas à éponger la dette judiciaire. Le garde des Sceaux a demandé d’examiner plus de 70 000 plaintes pour violences sexuelles sur mineurs d’ici le 14 juillet. Dans les neuf parquets dépendant de la procureure générale, le simple recensement a déjà révélé un chiffre vertigineux près de 7 000 procédures à traiter en un mois.

Face à l’inquiétude d’un travail bâclé, elle oppose une obligation morale. « Ce n’est pas la question d’y arriver ou pas, c’est une obligation que nous avons vis-à-vis des Français », insiste-t-elle. Et elle va plus loin que ce que le ministre de la Justice exige. Au-delà de l’étude des plaintes déjà déposées, elle a ordonné une analyse de ce qui se passe à l’intérieur même des maisons de justice. Une introspection nécessaire pour restaurer la confiance. Mais le chemin sera long. Et chaque jour, des familles comme celle de Lyhanna attendent que la promesse de vérité devienne une réalité.

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