Planète
Le réchauffement s’emballe et les outils pour le mesurer disparaissent
Plus de 70 scientifiques publient leur rapport annuel sur l’état du climat. Les nouvelles sont mauvaises et les moyens de surveillance sont menacés.


Plus de 70 scientifiques publient leur rapport annuel sur l’état du climat. Les nouvelles sont mauvaises et les moyens de surveillance sont menacés.
En 2025, la planète a déjà gagné 1,39°C par rapport à l’ère préindustrielle. Et ce n’est pas une simple ligne droite. L’étude, pilotée par des experts du Giec, montre que la part due à l’activité humaine atteint 1,37°C. Le rythme est de 0,27°C par décennie, un record depuis qu’on mesure. Ce qui inquiète les chercheurs, c’est ce qu’ils appellent le « déséquilibre énergétique de la Terre ». Concrètement, l’énergie solaire qui entre est bien supérieure à celle qui repart vers l’espace. Ce déséquilibre a doublé en quelques décennies. Sans l’homme, il serait proche de zéro. Aujourd’hui, il explose. Deux causes principales : des émissions de gaz à effet de serre toujours au plus haut, à cause du charbon, du pétrole et du gaz. Et une réduction de la pollution par les aérosols, qui avait l’effet d’un parasol. Moins de particules dans l’air signifie moins de refroidissement.
Les conséquences se voient déjà. Le niveau des mers est monté de 23 centimètres entre 1901 et 2025. Et le rythme a doublé, avec 3,84 millimètres par an aujourd’hui. Les vagues de chaleur marines, elles, ont plus que triplé depuis 1991. En 2025, on en a compté 65 jours. De quoi perturber toute la vie sous-marine et les courants. Les scientifiques rappellent que même si la croissance des émissions de CO₂ ralentit un peu, ça ne suffira pas. L’objectif de l’accord de Paris, limiter le réchauffement à 1,5°C, semble désormais hors de portée. Sans une baisse rapide, le seuil sera atteint autour de 2030. En clair, on fonce droit dans le mur.
Mais il y a un autre problème, moins connu. Les outils qui permettent de suivre tout ça sont en danger. Ce rapport s’appuie sur des satellites, des stations météo, des bouées, des ballons-sondes. Or, plusieurs programmes satellitaires américains sont menacés par des coupes budgétaires. Les observations océaniques, essentielles pour comprendre comment les océans absorbent la chaleur, pourraient s’arrêter. Le financement de l’Organisation météorologique mondiale a déjà baissé. Celui du Programme mondial de recherche sur le climat a été réduit de moitié. Le système mondial d’observation du climat est aussi sur la sellette. Sans ces données, impossible de prévoir les tempêtes, les sécheresses ou la montée des eaux. Les scientifiques tirent la sonnette d’alarme. Perdre ces yeux sur le climat, c’est naviguer à l’aveugle dans une tempête qui s’aggrave.
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