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Des peluches aux planches de surf le Japon inonde l’étranger avec ses trésors d’occasion
Des tonnes d’objets jugés invendables au Japon trouvent preneurs en Thaïlande ou en Malaisie. Peluches, vélos et vaisselle partent comme des petits pains…


Des tonnes d’objets jugés invendables au Japon trouvent preneurs en Thaïlande ou en Malaisie. Peluches, vélos et vaisselle partent comme des petits pains dans des entrepôts bondés.
Dans une banlieue de Bangkok, un coup de sifflet donne le départ. Des dizaines de clients se précipitent dans un hangar rempli de sacs, de planches de surf et de figurines Gundam. Ici, tout vient du Japon. Lookpoo, une vendeuse en ligne de 36 ans, résume l’ambiance : « Ce qui est considéré comme des déchets là-bas peut encore être utile chez nous ». Le marché de l’occasion nippon explose à l’international. Des entreprises comme Bookoff ou Treasure Factory ouvrent des boutiques en Asie du Sud-Est. Même FamilyMart, le géant des supérettes, collecte désormais des objets pour les revendre au Kazakhstan ou en Malaisie.
Les ventes aux enchères au Japon attirent des commerçants étrangers. Kangyapat, une Thaïlandaise de 35 ans, mise sur un chariot de 100 kilos de peluches. Elle débourse près de 1800 euros pour ce lot. « Tout ce qui vient du Japon est populaire », dit-elle. Dans son pays, ces marchandises rejoignent d’autres cargaisons de sacs et jouets. À Saitama, près de Tokyo, l’organisateur Hamaya constate que les étrangers représentent un tiers des enchérisseurs. Son président Ippei Kobayashi explique qu’au-delà de sept ans, un objet d’occasion ne se vend plus au Japon. Mais à l’étranger, il reste très demandé.
Le phénomène s’inscrit dans une tendance mondiale à l’économie circulaire. Pourtant, le recyclage peine à décoller : selon une étude, 70% des vêtements neufs achetés au Japon finissent incinérés. Des entreprises comme Itochu misent sur la « consommation éthique » et l’inflation pour pousser les clients nippons vers l’occasion. En attendant, l’exportation d’objets usagés réduit les déchets. Toru Inoue, chez Bookoff, se félicite que des articles difficiles à vendre au Japon « partent comme des petits pains » en Malaisie. À Bangkok, la propriétaire d’entrepôt Wipaporn résume : « Quand les gens voient “Made in Japan”, ils pensent qualité ». Une aubaine pour les chineurs comme Wanna, 70 ans, qui fait la queue avant l’ouverture pour dénicher la bonne affaire.





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