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Des millions de chats errants envahissent Jakarta, entre amour et nuisances
Dans la capitale indonésienne, plus d’un million et demi de félins vagabondent entre les trottoirs bondés. Nourris par une population qui les vénère, ils…


Dans la capitale indonésienne, plus d’un million et demi de félins vagabondent entre les trottoirs bondés. Nourris par une population qui les vénère, ils posent un vrai défi sanitaire et urbain.
Sur le bitume brûlant de Jakarta, les chats sont partout. Ils se faufilent entre les étals de rue, dorment sur les capots de scooters et réclament leur part de repas. Saiful Faizin, un vendeur de soupe, en nourrit trois chaque jour. Pour lui, ces animaux chassent les mauvaises ondes. Un héritage culturel fort. Dans la tradition musulmane, les chats sont respectés, contrairement aux chiens considérés comme impurs. Un érudit local rappelle qu’ils figurent parmi les créatures aimées du prophète Mahomet. Résultat des courses, personne ne cherche vraiment à les chasser. Mais à force d’être chouchoutés sans limite, leur nombre explose. Les estimations oscillent entre 300 000 et plus d’un million et demi. Un flou qui en dit long sur l’absence de gestion.
Les conséquences se voient et se sentent. Des habitants se plaignent des odeurs d’urine, des bagarres nocturnes et des griffades sur les selles de deux-roues. Les chats peuvent aussi transmettre des parasites. Heureusement, Jakarta est officiellement exempte de rage depuis 2004, grâce à des campagnes de vaccination de masse. Mais la prolifération reste un vrai casse-tête. Carolina Fajar, d’une ONG locale, explique que nourrir sans stériliser, c’est aggraver le problème. Les chatons s’accumulent, les portées se succèdent. Son association organise des opérations de capture, stérilisation et relâche. Ce jour-là, 89 chats ont été soignés. Mais c’est une goutte d’eau. La municipalité a budgété 170 000 euros pour stériliser 21 000 félins en 2026. Insuffisant, reconnaît un responsable. Pour espérer contrôler la population, il faudrait atteindre 70% d’animaux stérilisés.
Pourtant, une prise de conscience émerge. Des particuliers se mettent à financer eux-mêmes les opérations. Une élue locale, propriétaire de 27 chats, raconte que sa mascotte de campagne, Yakult, est devenue un symbole. La ville lance enfin un vrai recensement scientifique, une première. L’idée n’est pas de se débarrasser des chats. Jakarta ne veut pas perdre son âme, ni ses gardiens d’aura. Mais trouver un équilibre entre affection et hygiène, entre tradition et urbanisation galopante. Un défi à plusieurs pattes.





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