Nous rejoindre sur les réseaux

News

Des étudiants gonflent leurs notes pour entrer en master et ça passe (presque) inaperçu

Sur Mon Master, les candidats téléchargent eux-mêmes leurs bulletins. Résultat: des relevés trafiqués, des moyennes qui flambent et des enseignants qui…

Article

le

Des étudiants gonflent leurs notes pour entrer en master et ça passe (presque) inaperçu

Sur Mon Master, les candidats téléchargent eux-mêmes leurs bulletins. Résultat: des relevés trafiqués, des moyennes qui flambent et des enseignants qui écument les dossiers sans pouvoir tout vérifier. Jusqu’à quand?

La plateforme Mon Master devait simplifier l’accès aux formations bac+4 et bac+5. Lancée en 2023, elle reçoit chaque année des centaines de milliers de candidatures. Le principe est simple: les étudiants envoient eux-mêmes leurs notes, leurs lettres de motivation, leurs rapports de stage. Problème: rien ne garantit que ces documents soient authentiques. Contrairement à Parcoursup, où les lycées transmettent les dossiers, ici tout repose sur la bonne foi du candidat. Et comme le résume une professeure de Sorbonne Nouvelle, « rien n’est certifié, tout est déclaratif ». Avec l’intelligence artificielle, fabriquer un faux relevé de notes devient un jeu d’enfant.

Les cas de fraude ne sont pas isolés. À l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, un directeur de master reçoit environ 1400 candidatures pour 30 places. Il épluche chaque dossier à l’œil nu, sans algorithme. En 2025, deux étudiants ont été sanctionnés par la commission de discipline. L’un avait déclaré 16 de moyenne et avait même été admis. Sauf qu’en réalité, il n’avait pas validé sa licence. Résultat: quatre ans d’interdiction d’étudier dans le supérieur. L’autre, repéré parce que son niveau en cours ne collait pas avec ses notes, a écopé de deux ans d’interdiction. Mais ces affaires ne représentent que la partie émergée. Beaucoup de fraudes passent entre les mailles.

Les enseignants cherchent des parades. Certains organisent des entretiens oraux pour tester les candidats. Un étudiant aux notes excellentes a récemment échoué à deux questions techniques simples. Il n’a pas été pris. D’autres comparent les notes avec la qualité du projet de recherche, mais c’est un travail de fourmi. Demander les relevés authentiques à chaque université d’origine est matériellement impossible. Résultat: des « erreurs de casting », comme le dit un vice-président de Paris 1. Des places qui reviennent à des fraudeurs, pendant que des étudiants honnêtes restent sur le carreau. Le ministère promet des améliorations techniques pour la prochaine campagne, avec un système de pré-remplissage des données certifiées. Mais en attendant, la fraude continue, presque tranquille, sur une plateforme qui fait confiance aux mauvaises personnes.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus