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Culture

Costumes d’opéra à saisir la grande vente de l’Opéra de Paris

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Des milliers de pièces de scène sont proposées au public à l’Opéra Bastille, une occasion rare pour les amateurs d’art et de théâtre.

Pour la première fois depuis 2017, l’Opéra de Paris ouvre ses réserves de costumes au public. Cinq mille pièces, conçues pour des opéras et des ballets, sont mises en vente dans une salle modulable de l’Opéra Bastille. Vestes de velours, robes longues, justaucorps et gilets s’alignent sur des dizaines de portants classés par production. Les visiteurs peuvent y trouver des costumes des « Indes galantes », de « La Veuve joyeuse » ou encore de « Giselle ». Beaucoup de ces vêtements portent la signature de grands metteurs en scène comme Robert Carsen ou de chorégraphes tels qu’Angelin Preljocaj.

Un chef d’entreprise de 53 ans, Guillaume, arpente les allées avec sous le bras un manteau des « Contes d’Hoffmann » et des tenues antiques de « Samson et Dalila ». Passionné de soirées costumées, il s’est inscrit à l’avance pour participer à cette vente sélective. Il confie rechercher des pièces de qualité, fabriquées avec soin. Chaque costume a nécessité des dizaines d’heures de travail dans les ateliers de l’institution.

Les prix s’échelonnent de 2 euros pour les pièces les plus simples à 800 euros pour les plus exceptionnelles. Parmi les articles les plus remarqués, une veste en velours violet à manches en fausse fourrure léopard et galons dorés, ayant habillé les chœurs d’« Hippolyte et Aricie » en 1996, attire les regards. La responsable du patrimoine de l’Opéra souligne que ces costumes ont marqué l’histoire de la maison.

Anne-Sophie Lehrmann, réalisatrice de fictions sonores, s’arrête devant des robes grises très amples provenant de l’opéra « Eliogabalo ». Elle explique être impressionnée par la possibilité d’acquérir des objets qui ont participé à la création d’une œuvre. Pouvoir porter un vêtement qui a vécu sur scène, c’est pour elle une façon de prolonger l’histoire de ces pièces uniques.

Cette vente permet à l’Opéra de libérer de l’espace de stockage, mais aussi de donner une seconde vie à des costumes qui ont déjà été portés plusieurs fois. Chaque année, l’institution fabrique 1 500 costumes neufs et en rénove 3 000 pour les reprises. Elle conserve environ 100 000 pièces réparties entre Paris et d’autres sites. Les costumes de solistes célèbres, eux, sont déposés au Centre national du costume de scène à Moulins.

Pour Casimir Thierry, jeune habitué de l’opéra, l’objectif était de trouver des éléments de « La Veuve joyeuse », une opérette qu’il avait beaucoup aimée. Pouvoir toucher et acheter des costumes vus sur scène lui donne le sentiment d’emporter un petit morceau d’opéra chez lui. La vente se poursuit jusqu’à dimanche, après inscription préalable et paiement d’un droit d’entrée de 10 euros.

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