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Choose France le mirage industriel français

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Le neuvième sommet d’attractivité s’ouvre lundi au château de Versailles avec des promesses d’investissements records. Pourtant, les chiffres de la production manufacturière et les inquiétudes des entreprises tempèrent l’optimisme.

Emmanuel Macron préside ce lundi la neuvième édition de Choose France, rendez-vous annuel où des dirigeants étrangers annoncent des implantations en France. L’an dernier, les engagements avaient atteint 20 milliards d’euros, souvent dans l’industrie. Pour la septième année consécutive, le pays reste en tête des projets d’investissements étrangers en Europe, selon un cabinet d’audit.

Cependant, cette attractivité retrouvée cache une réalité plus nuancée. La part de l’industrie dans le produit intérieur brut français est passée sous la barre des 10 %, à 9,5 %, et la balance commerciale demeure fortement déficitaire. Si le solde des ouvertures et fermetures d’usines est légèrement positif, le rythme de réindustrialisation reste faible.

Les avis des experts divergent sur l’ampleur du mouvement. Certains soulignent la création nette d’emplois industriels depuis 2017, une première depuis les années 1970, et la performance de secteurs comme la pharmacie. D’autres jugent que l’industrie française n’a pas retrouvé son niveau d’avant la pandémie, notamment dans l’automobile, et que la concurrence chinoise freine le redressement. Un rapport récent a même qualifié la stratégie de réindustrialisation d’échec, pointant une mise en œuvre insuffisante des programmes publics.

Par ailleurs, le contexte international pèse : crises multiples, protectionnisme américain et surproduction chinoise. Les entreprises, qui ont bénéficié d’allégements fiscaux depuis 2017, sont désormais mises à contribution pour réduire le déficit public. Leur moral se dégrade, et certains représentants patronaux évoquent une rupture de confiance avec le gouvernement.

Derrière le faste du sommet de Versailles, la question de la réalité de cette réindustrialisation reste posée. Les prochaines échéances électorales pourraient raviver les controverses.

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