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Canicules à répétition les femmes en paient le prix fort

La chaleur extrême ne fait pas de différence entre les genres, mais ses conséquences tuent bien plus les femmes. Décryptage d’un mécanisme mortel qui mêle…

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Canicules à répétition les femmes en paient le prix fort

La chaleur extrême ne fait pas de différence entre les genres, mais ses conséquences tuent bien plus les femmes. Décryptage d’un mécanisme mortel qui mêle santé et violences.

L’été 2003 reste un traumatisme. En France, lors de cette canicule historique, la mortalité des femmes a été 15 % plus élevée que celle des hommes. Un écart qui n’a rien d’anecdotique. Aujourd’hui, le réchauffement climatique multiplie les épisodes de forte chaleur, et avec eux les risques pour la santé. Selon des travaux récents, chaque degré supplémentaire augmente de 3,8 % le risque d’accident vasculaire cérébral. La chaleur fait monter la pression sanguine et modifie la composition du sang, un terrain propice aux AVC. Mais le problème ne s’arrête pas là. Quand une femme fait un AVC, elle en meurt 65 % plus souvent qu’un homme. Pourquoi ? Parce que ses symptômes sont trop souvent ignorés ou mal interprétés, et que les secours arrivent trop tard. Le même phénomène se produit pour les infarctus du myocarde. Lors des journées les plus chaudes, la mortalité par crise cardiaque grimpe de 7 % chez les femmes. Elles sont prises en charge en moyenne trente minutes plus tard que les hommes, et ont deux fois plus de risques de décéder. Leurs signes avant-coureurs, plus atypiques, restent méconnus du corps médical.

La médecine ne traite pas tout le monde de la même manière face à la chaleur. Les urgences vitales exigent une réaction immédiate, mais le système est encore trop calibré pour reconnaître les symptômes masculins jugés classiques. Les femmes subissent donc un double handicap. D’un côté, leur corps réagit différemment à la surchauffe, de l’autre, la prise en charge est plus lente. Les experts insistent sur la nécessité de former les soignants à ces spécificités et de financer la recherche médicale dédiée aux femmes. Sinon, avec l’accentuation des vagues de chaleur, l’écart de mortalité risque de se creuser encore.

Mais le réchauffement climatique ne dégrade pas seulement la santé physique. Il dégrade aussi le tissu social, et les femmes en subissent les conséquences les plus violentes. Les canicules coïncident avec une hausse alarmante de 28 % des féminicides, selon des données onusiennes. La chaleur augmente les tensions économiques et domestiques, l’alcoolisme, les conflits. Dans un logement surchauffé, les violences conjugales explosent. La précarité énergétique, l’absence de climatisation, l’obligation de rester chez soi aggravent l’isolement et le danger. Protéger les femmes de la chaleur, c’est donc aussi les protéger de la violence. Les vagues de chaleur ne sont pas qu’une question de degrés. Elles sont un révélateur brutal des inégalités qui traversent la société.

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