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Cancer la facture sociale alourdie pour les plus pauvres

Une étude inédite révèle que les Français les plus modestes développent plus de cancers graves et sont diagnostiqués plus tard. Leur risque de mourir de…

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Cancer la facture sociale alourdie pour les plus pauvres

Une étude inédite révèle que les Français les plus modestes développent plus de cancers graves et sont diagnostiqués plus tard. Leur risque de mourir de la maladie est nettement plus élevé.

Le cancer n’est pas une maladie égale pour tous. Des travaux statistiques récents le confirment avec précision. Chaque année, le cancer tue plus de 160 000 personnes en France. Mais les plus pauvres paient un tribut bien plus lourd. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Un homme parmi les 10% les plus modestes a plus de deux fois plus de risque de développer un cancer du poumon qu’un homme parmi les 10% les plus aisés. L’étude s’appuie sur des millions de données de remboursement et de démographie, analysées entre 2013 et 2020. Elle montre que le lien entre niveau de vie et cancer est beaucoup plus fort qu’on ne le pensait.

Les écarts ne s’arrêtent pas là. Les cancers dits évitables, liés au tabac ou à l’alcool, frappent davantage les plus modestes. Leur risque est plus de deux fois supérieur à celui des plus riches. À l’inverse, les cancers du sein et de la prostate sont plus fréquents chez les catégories aisées. Les causes sont multiples. L’exposition aux facteurs de risque est très inégale. Le tabagisme reste plus répandu dans les milieux populaires. Les femmes favorisées ont souvent des grossesses plus tardives et utilisent davantage certaines pilules contraceptives, ce qui modifie leur risque de cancer du sein. Mais un facteur clé demeure le dépistage, bien moins accessible aux plus précaires.

Les personnes modestes participent beaucoup moins aux dépistages organisés du sein, du côlon ou du col de l’utérus. Les freins sont financiers mais aussi culturels et liés à la méfiance envers le système de soins. Résultat leur cancer est souvent découvert à un stade avancé, avec des métastases. Pour les cancers qui ne se dépistent pas encore, l’écart est moins marqué. Un programme pilote de dépistage du cancer du poumon a démarré en mai dans cinq régions. Vingt mille fumeurs ou ex-fumeurs de 50 à 74 ans vont bénéficier de scanners gratuits et d’un suivi. L’étude montre que les inégalités se construisent à plusieurs étapes, de l’exposition aux risques jusqu’au moment du diagnostic. De nouvelles analyses sur la mortalité sont attendues d’ici l’automne.

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