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Économie

BP évince son président en raison de graves manquements à la gouvernance

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Le conseil d’administration du géant pétrolier britannique a pris la décision unanime de se séparer d’Albert Manifold, dont le comportement est jugé incompatible avec ses fonctions.

Le groupe pétrolier BP a annoncé le départ immédiat de son président Albert Manifold, une décision prise à l’unanimité par le conseil d’administration. La direction invoque des préoccupations sérieuses concernant la gouvernance et la conduite de cet ancien dirigeant du groupe irlandais CRH, qui avait pris ses fonctions en octobre dernier. Les détails précis des faits reprochés n’ont pas été divulgués, mais des sources proches du dossier évoquent un style de management jugé trop autoritaire et des tensions avec la directrice générale Meg O’Neill.

Cette éviction intervient dans un contexte d’instabilité chronique à la tête de la compagnie, qui peine à trouver une direction stable depuis plusieurs années. Albert Manifold avait été appelé pour piloter un recentrage stratégique sur les hydrocarbures, après une tentative de virage vert jugée désastreuse. Son prédécesseur, Helge Lund, avait déjà été écarté dans des circonstances similaires. La nouvelle directrice générale, Meg O’Neill, nommée en avril, doit désormais mettre en œuvre un plan de restructuration incluant des réductions de coûts significatives.

Les analystes financiers s’inquiètent de cette nouvelle secousse au sein de la direction. Selon Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB, le départ d’Albert Manifold, considéré comme un président interventionniste, suscite des interrogations sur la culture d’entreprise et les pratiques de gestion des ressources humaines chez BP. Cette instabilité chronique est perçue comme un signal négatif pour les investisseurs, d’autant que le titre a chuté de plus de 5% en milieu de séance à la Bourse de Londres.

L’administrateur Ian Tyler assurera l’intérim jusqu’à la nomination d’un successeur. Cette nouvelle turbulence survient alors que le groupe avait annoncé un bénéfice en forte hausse au premier trimestre, porté par des activités de négoce pétrolier profitant de la volatilité des cours liée aux tensions au Moyen-Orient. Meg O’Neill prévoit par ailleurs de réorganiser l’entreprise en séparant clairement les activités amont et aval, tout en faisant face à la défiance des actionnaires sur sa stratégie climatique.

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