Société
Bourg-en-Bresse, terrain d’expérimentation d’une union controversée à droite


_**La présence d’élus LR sur une liste menée par un cadre de Reconquête, sans réaction de leur parti national, illustre les recompositions en cours et suscite de vives critiques dans l’opposition.**_
À Bourg-en-Bresse, la configuration des prochaines élections municipales dépasse le cadre d’un simple scrutin local. Elle cristallise les tensions et les ambiguïtés qui traversent la droite française. Deux membres des Républicains, le vice-président du conseil départemental Pierre Lurin et l’élue Marie-Jo Bardet, figurent en effet sur la liste « Bourg Ambition – la Droite unie », conduite par Benoît de Boysson. Ce dernier est un membre du conseil national de Reconquête, le parti d’Éric Zemmour.
La direction nationale des Républicains affirme n’avoir accordé aucune investiture à cette formation et avoir interdit l’usage de son logo. Elle n’a cependant engagé aucune procédure d’exclusion à l’encontre des deux élus concernés. Plus significatif encore, le parti a choisi de ne pas présenter de candidat dans cette préfecture de l’Ain, pourtant traditionnellement ancrée à droite, et ne soutient pas officiellement la liste du candidat Horizons, Christophe Coquelet. Une posture qualifiée d’hypocrisie par le maire socialiste sortant, Jean-François Debat, qui y voit un « soutien passif » à la liste de Boysson.
Le chef de file de cette dernière s’en défend, arguant que sa liste est sans étiquette. Il reconnaît toutefois que la majorité de ses colistiers sont des sympathisants ou des membres de LR, et salue la « position courageuse » de la direction du parti. Sur le fond, Benoît de Boysson, qui se réclame d’un « gaullisme social » tout en exprimant son admiration pour Éric Zemmour, estime que « l’union de toute la droite est inéluctable ». Pour lui, Bourg-en-Bresse agit comme un « laboratoire » pour les partis et les électeurs.
Cette situation alimente les craintes de l’opposition de gauche. Le secrétaire général du Parti socialiste a dénoncé une liste d’accords similaires dans d’autres villes. Le maire sortant de Bourg-en-Bresse, également secrétaire national du PS aux collectivités, redoute que cette configuration locale ne préfigure des alliances nationales futures. Il refuse que sa ville serve de « souris de laboratoire » pour un rapprochement entre la droite républicaine et l’extrême droite. La campagne dans la préfecture de l’Ain s’annonce donc comme un révélateur des lignes de fracture et des possibles convergences au sein de la famille conservatrice.





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