Culture
Bad Bunny enflamme Porto Rico avec une résidence musicale aux couleurs de l’île

Le roi du reggaeton entame une série de 30 concerts à San Juan, mêlant prouesses scéniques et hommage à l’identité portoricaine.
L’immense scène du Coliseo de San Juan a vibré vendredi soir au rythme des percussions et des mélodies électro, portées par l’énergie communicative de Bad Bunny. Pour son premier concert d’une série de trente dates, la star internationale a offert une performance où se croisent héritage culturel et modernité. Les tambours traditionnels de la bomba ont résonné aux côtés des beats urbains, sous les yeux d’un public vêtu aux couleurs du drapeau portoricain.
Cette résidence estivale, intitulée *No Me Quiero Ir De Aqui*, s’inscrit dans la continuité de son dernier album, ode nostalgique à son île natale. Loin d’être un simple spectacle, l’événement prend des allures de manifeste culturel. Entre deux titres phares comme *Nuevayol* ou *Titi me pregunto*, des messages projetés sur écran rappellent l’histoire complexe de Porto Rico, territoire américain sans statut d’État. La foule a vivement réagi à ces références, tout comme à la présence surprise de LeBron James, venu soutenir l’artiste.
Bad Bunny, de son vrai nom Benito Antonio Martinez Ocasio, puise son inspiration dans ses origines rurales. Son répertoire actuel, plus engagé, aborde des thèmes comme la gentrification ou les défis infrastructurels de l’archipel. Une évolution saluée par son public, dont beaucoup voient en lui bien plus qu’un chanteur à succès. « C’est notre fierté », confie un étudiant dans l’assistance, tandis que des vendeurs proposent des *pavas*, ces chapeaux traditionnels, et des *piña coladas* aux spectateurs.
Pour les observateurs, cette tournée locale avant une série de dates internationales symbolise l’attachement viscéral de l’artiste à sa terre. Un universitaire ayant collaboré avec lui résume l’émotion partagée par de nombreux Portoricains. « Son parcours reflète le nôtre. Quand il triomphe, c’est un peu comme si nous gagnions tous. » La résidence se poursuivra jusqu’en septembre, promettant d’autres nuits où musique et identité ne feront qu’un.

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