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Au Portugal, un maire toque aux portes des seniors pour les sauver de la canicule
Alors que le thermomètre dépasse les 41°C, des élus quittent leur bureau pour aller voir les plus vulnérables. Une méthode de terrain qui fait ses preuves.


Alors que le thermomètre dépasse les 41°C, des élus quittent leur bureau pour aller voir les plus vulnérables. Une méthode de terrain qui fait ses preuves.
Dans le petit village de Vale de Figueira, au centre du Portugal, Maria Rosel a 94 ans. Quand elle entend frapper à sa porte, elle sourit. C’est le maire qui vient prendre de ses nouvelles. « Refermez vite la porte, la chaleur va entrer », lance-t-elle en les accueillant dans son salon plongé dans la pénombre. Les volets sont restés fermés toute la journée pour garder un peu de fraîcheur. Ici, le thermomètre est monté jusqu’à 41,2°C. Et dans la région de Santarém, placée en alerte rouge, les personnes âgées isolées sont les premières à risquer la déshydratation ou le coup de chaleur. Alors l’équipe municipale a pris l’habitude de venir directement chez elles.
Le coordinateur de la protection civile, Filipe Almeirante, ne mâche pas ses mots. « Nous ne pouvons pas faire de la protection civile uniquement derrière un ordinateur », explique-t-il. Un constat simple mais lourd de sens. Dans ce village d’un millier d’habitants, près de 150 personnes sont considérées comme particulièrement vulnérables. Le problème, c’est que beaucoup d’entre elles n’ont pas accès à Internet ou aux réseaux sociaux. Quand les alertes canicule sont diffusées en ligne, elles ne les voient pas. Alors les agents municipaux parcourent les rues, frappent aux portes, vérifient que tout le monde tient le coup. Un travail de fourmi qui évite les drames silencieux.
Pour aller plus loin, la municipalité a aussi misé sur les « refuges climatiques ». Des églises, des monuments, des bâtiments publics transformés en lieux climatisés ouverts à tous. La liste a été publiée sur les réseaux sociaux, mais le bilan est mitigé. « Quand il fait très chaud, les gens préfèrent rester chez eux », reconnaît Ramiro Pereira, sacristain d’une église du centre de Santarém. Pourtant, des seniors comme Maria Tomasia Guerra, 89 ans, profitent de ces havres de fraîcheur. Installée dans un fauteuil sous la climatisation du centre social de jour, elle passe ses journées à discuter, regarder la télé et jouer à des jeux de société. « On est bien ici. Il ne fait pas très chaud. C’est frais », sourit-elle. Depuis le début du mois, le dispositif a été renforcé pour faire face à la canicule.
Derrière ces initiatives, il y a une consigne claire du gouvernement portugais. Mercredi, la secrétaire d’État à la Santé a demandé aux municipalités d’identifier des locaux pouvant servir de refuges climatisés, qu’ils soient publics ou privés. Des églises aux hôtels, en passant par les centres commerciaux, tout est bon pour offrir un peu d’air frais aux plus fragiles. Au Portugal, douze des dix-huit districts étaient en alerte rouge ce week-end. Une situation qui rappelle que la canicule tue en silence, surtout quand on est vieux, seul et coupé du monde. Alors dans les villages comme Vale de Figueira, on continue de toquer aux portes. Parce que parfois, un simple geste peut sauver une vie.





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